
PH:DR: Le gouvernement béninois entend renforcer son dispositif de lutte contre la criminalité économique et financière.
Face à la progression des menaces terroristes, des flux financiers illicites et de la cybercriminalité dans la sous-région, le gouvernement béninois entend renforcer son dispositif de lutte contre la criminalité économique et financière. Une nouvelle stratégie entend notamment améliorer la prévention, la supervision et la répression de ces activités.
Le gouvernement béninois a adopté une stratégie nationale de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive pour la période 2026-2030. C’est ce qu’indique le compte rendu du Conseil des ministres du mercredi 4 novembre.
Avec cette stratégie, le pays ambitionne de disposer d’ici 2030 « d’un système efficace de lutte contre la criminalité économique et financière, dans un environnement économique sûr et attractif ». Elle doit notamment permettre au pays de se doter d’un cadre national cohérent, fondé sur les risques et assorti d’un plan d’action budgétisé, d’un dispositif institutionnel de mise en œuvre et d’un mécanisme structuré de suivi-évaluation.
Cette feuille de route repose sur quatre orientations : « la consolidation du cadre juridique, institutionnel et de la gouvernance ; la réduction des vulnérabilités structurelles et le renforcement de la transparence économique et financière ; la consolidation des dispositifs de prévention, de réglementation et de supervision fondés sur les risques ; ainsi que le renforcement de l’efficacité opérationnelle du renseignement financier et de la répression », indique le compte rendu.
Un contexte marqué par les menaces sous-régionales
L’initiative intervient dans un contexte d’évolution des menaces auxquelles le Bénin est confronté. Le pays évolue dans un environnement régional marqué par la progression des menaces terroristes, notamment dans les pays du Sahel et les zones frontalières du nord.
Le gouvernement évoque également l’intensification des flux financiers illicites et la progression de la cybercriminalité. Le poids de l’économie informelle, les risques associés aux actifs virtuels et aux technologies financières (FinTech), ainsi que les insuffisances dans la supervision de certaines professions non financières figurent parmi les facteurs qui justifient cette nouvelle stratégie.
L’adoption de cette feuille de route s’inscrit dans la continuité des réformes engagées par le Bénin depuis plusieurs années. Le pays avait déjà adopté une première politique et stratégie nationales de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme en 2018. En juin 2022, le gouvernement avait également approuvé un plan d’action destiné à répondre aux recommandations formulées par les instances régionales de surveillance financière.
Sur le plan législatif, une nouvelle loi, adoptée le 20 février 2024, a élargi le cadre national à la lutte contre le financement de la prolifération des armes de destruction massive.
Malgré les réformes engagées, certaines insuffisances subsistent. Le rapport de suivi du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), publié en mai 2026, relève notamment l’absence d’une obligation explicite imposant aux prestataires de services de transfert de fonds ou de valeurs (STFV) de communiquer certaines informations. Le document souligne toutefois la poursuite des efforts du pays pour remédier aux insuffisances relevées lors de l’évaluation. (Agence Ecofin)
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