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Lancement du Rapport sur les VBG à l’égard des Femmes journalistes et des Défenseures des droits de l’Homme au Bénin et au Sénégal


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   *La prévalence des femmes victimes aux VBG au Bénin est de 28 % contre 33 % au Sénégal.

  • Le rapport recommande à l’INF de procéder à une opération dénommée “100 jours pour Zéro dossier” afin de vider tous les dossiers en instance pour pouvoir en recueillir d’autres.

PH:DR : Le panel de discussions mis en place après une série d’allocutions et de présentation du rapport sur les VBG au Bénin et au Sénégal

Plus d’une femme sur deux est exposée aux Violences Basées sur le Genre (VBG) dans l’exercice de leur fonction. C’est la substance du rapport sur les VBG à l’égard des Femmes journalistes et des Femmes Défenseures des droits de l’Homme lancé le 29 Octobre 2026 à l’Hôtel Azalaï. Réalisé par Avocats Sans Frontière (ASF) dans le cadre du projet Récit avec l’appui financier des Affaires mondiales Canada, le rapport sur les VBG vise à renforcer la protection des droits civiques dans les espaces physiques et numériques, au bénéfice des femmes et des personnes en situation de vulnérabilité.

Aline ASSANKPON

Fruit d’une collaboration de trois équipes de recherches basées au Canada, au Sénégal et au Bénin, le rapport sur les VBG met en lumière les défis rencontrés par les Femmes journalistes et les Femmes Défenseures des Droits humains au Bénin et au Sénégal. Il dresse un état des lieux exhaustif et formule des recommandations à l’endroit des médias, des institutions juridiques, des Organisations de la Société civile et de l’État.

L’étude dans ses investigations a travaillé avec 246 femmes dont 110 ont pris part aux groupes de discussions instaurés à cet effet et 136 ont été interviewées. Grosso modo, 13 milles femmes ont été touchées par ce travail d’études et de recherches au Sénégal et au Bénin a souligné la présentatrice du rapport, Mme Anicette CODJIA.

Constats majeurs

Plus d’une femme sur deux est exposée aux VBG dans l’exercice de leur fonction. Elles sont souvent assujetties aux violences d’ordre physique, psychologique, à la violence numérique (le cyber harcèlement), aux violences verbales et des cas de discrimination.

Des facteurs de vulnérabilité ont été identifiés à travers l’exposition des femmes Défenseurs des Droits Humains (DDH) ou des femmes journalistes ; cependant, il est constaté que les femmes DDH sont plus exposées que les femmes journalistes. La prévalence au Bénin est de 28 % contre 33 % au Sénégal. Ces VBG proviennent la plupart du temps des collègues, des supérieurs hiérarchiques et des Responsables d’entreprises ; des hommes et des femmes et au niveau du cercle familial, ce sont les conjoints ou partenaires.

Les conséquences issues de ces VBG sont multiples et multiformes et sont physiques et psychologiques : la dépression, l’épuisement émotionnel, les troubles du sommeil, le traumatisme, la honte, la peur, la stigmatisation.

Du point de vue économique et social, il y a la perte d’emplois, le retardement des promotions ; l’isolement social et familial. On note également des conséquences sur l’espace civique et professionnel qui ont pour noms : l’auto-censure ; le retrait des réseaux sociaux, l’arrêt du travail et le changement de profession.

De façon générale, pour cause de VBG, des carrières sont freinées ou brisées ; des voix se taisent d’où l’instauration d’une culture du silence à certaines femmes ayant vécues les VBG ou continuent de subir rien que pour préserver leurs emplois. Par ailleurs, il est également noté que des femmes, par ignorance, ne savent pas qu’elles disposent des droits de protection et des voies de recours, comme l’INF au Bénin.

Le constat le plus alarmant souligné par le rapport est que, jusqu’à ce jour, ni le Bénin, ni le Sénégal ne dispose d’aucun texte spécifique, ni d’un mécanisme institutionnel pour encadrer les femmes journalistes et les femmes DDH.

Cependant, une étude comparative sur le cas du Bénin et celui du Sénégal, a révélé que le Bénin a adopté une certaine logique de spécialisation depuis quelques années (5 ans déjà) : l’architecture juridique en faveur des droits des femmes est beaucoup plus structurée alors qu’au Sénégal, cette logique est transversale souligne le rapport.

PH:DR: Une vue partielle des participants à la cérémonie de lancement

Quelques recommandations formulées par l’étude

Pour les États, l’étude recommande d’adopter une loi spécifique aux femmes DDH et aux femmes journalistes ; les acteurs de la sécurité et de la justice sont appelés à garantir un accueil digne ainsi que des signalisations sûres et discrets aux femmes victimes des VBG à travers l’installation des chambres spécialisées, des OPJ, des magistrats, pour l’écoute.

Pour les médias, les femmes journalistes ayant participé à l’étude ont demandé la mise en place d’une procédure de signalement confidentiel, accessible à toutes les femmes victimes de VBG dans les locaux des organes de presse.

Pour la société civile, le rapport recommande la mutualisation des actions pour lutter contre les VBG, à travers le réseautage et le renforcement de solidarité afin que les initiatives ne soient éparses et annihilent les efforts fournis.

Pour les PTF, le rapport recommande la création et la mise en place des fonds d’urgence flexibles pour l’accompagnement des femmes menacées.

En conclusion le rapport suggère quelques pistes d’actions à explorer : la première consiste à vite agir à travers l’instauration d’un espace d’écoute pour les femmes victimes.

La deuxième, à l’endroit de l’INF, suggère l’instauration d’une opération dénommée “100 jours pour Zéro dossier” afin de vider tous les dossiers en instance pour pouvoir en recueillir d’autres. Et enfin, la troisième est l’information à grande échelle les femmes sur leurs droits et les voies de recours.

Ces recommandations visent à prévenir les VBG ; à renforcer la protection des femmes victimes et à promouvoir un environnement plus favorable à l’exercice de leurs droits fondamentaux.

La cérémonie du lancement du rapport constitue un espace de dialogue réunissant les membres des Avocats Sans Frontière (ASF-Bénin), des représentant.e.s des mécanismes africains des Droits humains, des institutions publiques, des acteurs de la société civile, des journalistes, des Partenaires techniques et diplomatiques.


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