
PH:DR: L’économie circulaire, levier essentiel pour accélérer la transformation industrielle de l’Afrique, selon la CEA
La Commission économique pour l’Afrique (CEA) des Nations Unies salue l’importance des travaux menés par le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) pour promouvoir l’économie circulaire en tant que moteur de la transformation industrielle, de la création de valeur ajoutée et d’une croissance économique durable en Afrique orientale et australe. La circularité est source de nombreuses opportunités, notamment en matière de développement des entreprises et d’emploi.
La CEA a pris part à la deuxième réunion « Green Industry Connect » du COMESA, organisée dans le cadre du 19e Forum des entreprises et exposition du COMESA, qui s’est tenu à Harare (Zimbabwe) sur le thème : « Industrialisation inclusive et investissement : faire progresser les chaînes de valeur circulaires au sein du COMESA ».
Cette rencontre a rassemblé des décideurs politiques, des dirigeants du secteur privé, des financiers, des partenaires au développement et des innovateurs, venus explorer les moyens de promouvoir des modèles économiques circulaires et de renforcer les chaînes de valeur dans des secteurs clés, tels que le cuir, le textile, les plastiques et les déchets électroniques. Les acteurs régionaux ont débattu de stratégies concrètes pour consolider les systèmes de production circulaire, attirer des investissements et optimiser les chaînes de valeur régionales, afin de stimuler l’industrialisation dans les États membres du COMESA.
Les échanges ont mis en évidence le fait que la transition vers une industrialisation circulaire et verte offre à l’Afrique des opportunités d’accélérer sa transformation structurelle tout en progressant vers des objectifs de durabilité. Il a été souligné qu’en renforçant les chaînes de valeur régionales dans les secteurs du cuir, du textile, des plastiques et des déchets électroniques, les États membres du COMESA peuvent créer des emplois, attirer des investissements et conserver une plus grande part de la valeur issue des ressources du continent.
La nécessité d’une collaboration plus étroite entre la CEA et le COMESA pour soutenir les États membres — par une programmation coordonnée, la mobilisation de ressources et le renforcement des capacités — a été mise en avant. Lors de discussions parallèles, M. Oliver Maponga, chargé des affaires économiques à la CEA, a souligné la complémentarité entre certaines activités du programme « SWITCH to Circular Economy in Eastern and Southern Africa » (financé par l’Union européenne et mis en œuvre par le COMESA) et celles du projet relevant de la 17e tranche du Compte de développement des Nations Unies (UNDA) — intitulé « Action climatique innovante pour accélérer une industrialisation verte et inclusive en Afrique australe » et mis en œuvre par le Bureau sous-régional pour l’Afrique australe (SRO-SA). Il a appelé à une collaboration accrue, au partage des connaissances et à une meilleure synergie afin d’accélérer une industrialisation durable et économe en ressources.
En ouvrant la réunion, le Secrétaire général du COMESA, S.E. Chileshe Mpundu Kapwepwe a souligné l’importance croissante de la circularité dans la définition de la compétitivité économique et de la résilience industrielle.
« L’industrie verte et circulaire ne relève plus d’un simple programme environnemental accessoire. Elle devient rapidement une condition sine qua non pour l’accès aux marchés, l’investissement et la compétitivité. »
Cette réunion s’inscrit dans le cadre d’efforts plus larges visant à concrétiser la vision du 25e sommet du COMESA, placé sous le thème : « Un marché, un avenir : faire progresser l’industrialisation inclusive, l’investissement et l’intégration régionale au sein du COMESA ». Les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les réseaux de production régionaux, capables de transformer les abondantes ressources naturelles de l’Afrique en produits et services à plus forte valeur ajoutée.
Dans son allocution principale, le professeur Amon Murwira, ministre des Affaires étrangères et du Commerce international du Zimbabwe, a souligné la nécessité d’accroître les capacités nationales de transformation et d’améliorer l’efficacité dans l’utilisation des ressources, afin que le continent puisse tirer une plus grande valeur économique de ses ressources naturelles.
Les échanges ont permis d’identifier des opportunités majeures dans des secteurs émergents tels que la transformation du cuir, le recyclage des plastiques, la récupération des batteries et la gestion des déchets électroniques — autant de domaines susceptibles de stimuler la croissance industrielle, la création d’emplois et l’innovation. Les participants ont noté que les approches fondées sur l’économie circulaire permettent de relever les défis environnementaux tout en améliorant la productivité et la compétitivité des économies africaines.
Selon les estimations présentées lors de la réunion, l’économie circulaire pourrait générer jusqu’à 4 500 milliards de dollars supplémentaires pour l’économie mondiale d’ici 2030 et créer environ six millions d’emplois nets à l’échelle planétaire. Les participants ont relevé qu’il existe en Afrique de nombreuses opportunités inexploitées, notamment dans les domaines du recyclage, de la refabrication, de la réparation et de la valorisation des ressources.
S’exprimant au nom du Conseil des ministres du COMESA, Lee Kinyanjui, secrétaire de cabinet kényan chargé des Investissements, du Commerce et de l’Industrie, a mis en avant l’atout stratégique de la région, qui détient des minéraux critiques essentiels aux transitions énergétique et numérique à l’échelle mondiale. Il a souligné que ces ressources offrent des perspectives qui vont au-delà de la simple extraction : elles permettent une création de valeur ajoutée grâce à la transformation des minerais, à la fabrication de composants pour batteries, aux services de réparation et de remise à neuf, ainsi qu’à la récupération de matériaux précieux issus des déchets électroniques.
Au nom de Lee Kinyanjui, Regina Ombam, secrétaire principale, a déclaré : « Le COMESA a déjà pris des mesures significatives pour soutenir cette transition, notamment par le biais du programme « SWITCH to Circular Economy in Eastern and Southern Africa » (Passage à l’économie circulaire en Afrique orientale et australe), financé par l’Union européenne. »
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