Flash Infos:

Première Session Ordinaire 2026 du Parlement de la CEDEAO : L’état d’avancement du Programme de travail de la Communauté : “L’heure de l’Afrique de l’Ouest a sonné…” dixit Dr TOURAY.


28 Vues

Le Président de la Commission de la CEDEAO, Dr Omar Alieu TOURAY, a présenté l’état d’avancement de la mise en œuvre du programme de travail communautaire de la CEDEAO lors de la première session ordinaire de 2026 du Parlement de la CEDEAO à Abuja, au Nigeria. M. Touray a souligné la résilience des économies de la CEDEAO malgré les défis économiques mondiaux, notant que la croissance régionale est passée de 4,3 % en 2024 à 4,8 % en 2025, avec des prévisions de croissance de 5,0 % en 2026.

Aline ASSANKPON

La résilience des économies régionales

Ph:DR:Première Session Ordinaire 2026 du Parlement de la CEDEAO

Dans sa dernière présentation devant le Parlement avant la fin de son mandat en août 2026, Dr TOURAY a présenté les principales réalisations de la Commission dans les domaines de la paix, de la sécurité, de la gouvernance, de l’aide humanitaire, de l’autonomisation des jeunes, de la transformation numérique et du développement des infrastructures. Il a également souligné les améliorations observées en matière d’inflation, de gestion budgétaire, de dette publique et de commerce intrarégional, tout en appelant les États membres à poursuivre les réformes et à approfondir l’intégration régionale.

Une diplomatie préventive

De son avis, la CEDEAO avait intensifié ses efforts de médiation et de diplomatie préventive, fait avancer les préparatifs de la Force régionale de lutte contre le terrorisme de la CEDEAO, renforcé la sécurité maritime et frontalière, et maintenu son engagement auprès du Burkina Faso, du Mali et du Niger dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel. “Plus de 5,3 millions de personnes vulnérables avaient bénéficié d’interventions humanitaires, tandis que les opportunités pour les jeunes et les femmes avaient été élargies grâce à des programmes d’entrepreneuriat et de mobilité universitaire. Des progrès ont également été enregistrés dans le cadre de projets régionaux stratégiques”.

Une politique d’information plus modernisée

Dans le domaine de la communication, plus de 500 journalistes de toute la région avaient été formés à la lutte contre la désinformation et ses répercussions sur la paix et la stabilité. Cependant, il annonce la modernisation de la politique d’information et de communication de la CEDEAO afin de répondre aux nouveaux enjeux tels que les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle, ainsi que le soutien apporté à la Gambie pour la mise en place du premier centre national de lutte contre la désinformation de la région. “ L’engagement de la Commission à bâtir une Afrique de l’Ouest pacifique, prospère et intégrée grâce à une coopération régionale renforcée, à la responsabilisation et à une communication axée sur les citoyens” a-t-il réaffirmé. En outre, la CEDEAO a adopté une stratégie de communication interinstitutionnelle pour la période 2026-2030 la garantie des institutions qui s’expriment d’une seule voix.

Paix et Sécurité

Dans le domaine de la paix et de la sécurité, Dr Touray a mis en avant l’engagement accru de la CEDEAO en matière de diplomatie préventive, de médiation et d’appui électoral, notamment le déploiement réussi de missions d’observation au Bénin, en Guinée et au Cap-Vert. Il a également souligné les progrès accomplis vers la mise en place de la Force régionale de lutte contre le terrorisme de la CEDEAO et le renforcement des mécanismes régionaux de sécurité maritime, de coopération policière et de gestion des frontières, visant à lutter contre le terrorisme, la criminalité organisée et les trafics illicites.

Par ailleurs, il annonce la poursuite du dialogue avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel, réaffirmant l’engagement de la Commission à maintenir les voies de communication ouvertes et à préserver la solidarité régionale. Il a souligné que la CEDEAO restait attachée au dialogue et à l’unité à long terme des peuples d’Afrique de l’Ouest.

Marché commun de la CEDEAO et la ZLECAf

En matière d’intégration régionale et de commerce, le Dr Touray a noté des progrès dans la mise en œuvre de la Zone de libre-échange, de l’union douanière et du marché commun de la CEDEAO, ainsi que dans l’alignement sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). Il a mis en avant les efforts visant à supprimer les barrières non tarifaires, à numériser les systèmes douaniers et à promouvoir la participation des femmes et des jeunes au commerce. En outre, plus de 150 PME et femmes entrepreneurs ont bénéficié de formations au commerce numérique et de programmes d’autonomisation.

Dans le secteur social, la Commission de la CEDEAO a indiqué que plus de 5,3 millions de personnes vulnérables ont reçu une aide humanitaire, notamment des populations déplacées et des enfants touchés par la malnutrition. Des initiatives clés dans les domaines de l’éducation, de l’autonomisation des jeunes et de la création d’emplois ont également été mises en avant, notamment le déploiement de jeunes diplômés dans le cadre du Programme de mobilité universitaire de la CEDEAO et de nouveaux programmes d’immersion dans le secteur privé.

Le Dr TOURAY a également souligné les progrès majeurs réalisés en matière de transformation numérique, de cybersécurité, d’administration en ligne et d’infrastructures régionales, notamment les projets de câbles sous-marins et le développement ferroviaire visant à améliorer la connectivité et la compétitivité économique dans toute l’Afrique de l’Ouest.

A propos de la CEDEAO

C’est le 28 mai 1975 que les chefs d’État et de gouvernement de quinze pays d’Afrique de l’Ouest ont créé la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en signant le traité de la CEDEAO, à Lagos, au Nigeria. Le traité de Lagos a été signé par les 15 chefs d’État et de gouvernement du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte-d’Ivoire, de la Gambie, du Ghana, de la Guinée, de la Guinée-Bissau, du Liberia, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Nigeria, de la Sierra Leone, du Sénégal et du Togo, avec pour mission déclarée de promouvoir l’intégration économique dans la région. Le président sénégalais était représenté par le ministre des Affaires étrangères. Le Cabo Verde a rejoint l’Union en 1977. Le seul membre arabophone, la Mauritanie, s’est retiré en décembre 2000. La Mauritanie a récemment signé un nouvel accord d’association en août 2017. Le 29 janvier 2025, le Burkina Faso, le Mali et le Niger se sont officiellement retirés de la CEDEAO. Les États membres actuels de la CEDEAO sont le Bénin, le Cabo Verde, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Liberia, le Nigeria, la Sierra Leone, le Sénégal et le Togo. Considérée comme l’un des piliers de la Communauté économique africaine, la CEDEAO a été créée pour promouvoir l’idéal d’autosuffisance collective de ses États membres. En tant qu’union commerciale, elle vise également à créer un grand bloc commercial unique par le biais de la coopération économique. Les activités économiques intégrées envisagées dans la zone, dont le PIB combiné s’élève à 734,8 milliards de dollars, concernent, entre autres, l’industrie, les transports, les télécommunications, l’énergie, l’agriculture, les ressources naturelles, le commerce, les questions monétaires et financières, ainsi que les questions sociales et culturelles. En 2007, le Secrétariat de la CEDEAO a été transformé en Commission. La Commission est dirigée par le président, assisté d’un vice-président, de cinq commissaires et du vérificateur général des institutions de la CEDEAO, composé de bureaucrates expérimentés qui assurent la direction de cette nouvelle orientation. Le budget de la CEDEAO est essentiellement financé par les recettes collectées par le biais de la taxe communautaire. Cette taxe a été introduite pour financer ses activités. Le taux de la taxe communautaire est fixé à 0,5 % de la valeur CAF des marchandises importées des pays non-membres de la CEDEAO. Dans le cadre de ce processus de renouvellement, la CEDEAO met en œuvre des programmes critiques et stratégiques qui permettront d’approfondir la cohésion et d’éliminer progressivement les obstacles identifiés à une intégration complète. De cette manière, les quelque 300 millions de citoyens de la communauté pourront finalement s’approprier la réalisation de la nouvelle vision qui consiste à passer d’une CEDEAO d’États à une « CEDEAO des peuples » : Paix et prospérité pour tous » d’ici 2050.

L’heure de l’Afrique de l’Ouest a sonné…

La Commission, pour sa part, réaffirme son engagement en faveur de la transparence, de la responsabilité et d’une gestion axée sur les résultats. “Nous continuerons à associer le Parlement en tant que partenaire de la gouvernance, à partager l’information, à répondre aux contrôles et à travailler ensemble dans l’intérêt supérieur de notre Communauté. L’heure de l’Afrique de l’Ouest a sonné. Grâce à l’unité de nos objectifs, à la volonté politique et à la force durable de nos institutions collectives, je suis convaincu que nous continuerons à bâtir une Communauté pacifique, prospère et digne des peuples qu’elle représente. »

Il appelle donc le Parlement à renforcer son rôle de contrôle, à soutenir la mobilisation en temps opportun des ressources de la Communauté et à continuer de défendre des politiques qui approfondissent l’intégration et protègent les intérêts des citoyens d’Afrique de l’Ouest. Aussi a-t-il réaffirmé l’engagement de la Commission en faveur de la transparence, de la responsabilité et d’une gestion axée sur les résultats. « Les défis qui nous attendent sont bien réels, mais nos forces et nos aspirations collectives le sont tout autant. Grâce à notre unité d’intention, la CEDEAO continuera à bâtir une Afrique de l’Ouest pacifique, prospère et résiliente ».

Pour sa part, la présidente du Parlement de la CEDEAO, Mme Mèmounatou IBRAHIMA, a remercié le président de la Commission de la CEDEAO d’avoir toujours honoré leur invitation tout en saluant son dévouement et son engagement au service de la Communauté tout au long de son mandat.

Mme IBRAHIMA a également remis une plaque d’honneur au président de la Commission de la CEDEAO en reconnaissance de ses services méritoires rendus à l’Afrique de l’Ouest.

TOURAY a appelé les États membres, les institutions régionales et les citoyens à s’unir derrière la vision de la CEDEAO d’une Afrique de l’Ouest pacifique, sûre et économiquement intégrée. Il a souligné que malgré l’évolution des défis mondiaux et régionaux, la Communauté reste résiliente et déterminée à accélérer le développement, à renforcer la gouvernance démocratique, à élargir les opportunités pour les jeunes et les femmes, et à apporter des avantages tangibles à plus de 400 millions d’Africains de l’Ouest.


Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*

Revenir en haut de la page