- Les Africains approuvent le rôle de surveillance des médias, mais la perception de la liberté reste mitigée
- Le nouveau rapport, basé sur 45.600 entretiens menés dans 38 pays africains en 2024/2025, révèle également que l’appréciation de la liberté de la presse par les citoyens est mitigée

PH:DR: Classement du Reporter Sans Frontière édition 2026
La plupart des Africains sont favorables à ce que les médias contrôlent les actions du gouvernement, et ils privilégient la liberté des médias à la régulation gouvernementale, selon le dernier Profil Panafricain d’Afrobarometer.
Si le soutien à la liberté des médias est une position majoritaire dans la quasi-totalité des pays sondés, d’importantes minorités dans la plupart des pays – et une large majorité au Mali – sont favorables au contrôle gouvernemental de ce que les médias peuvent publier.
Le nouveau rapport, basé sur 45.600 entretiens menés dans 38 pays africains en 2024/2025, révèle également que l’appréciation de la liberté de la presse par les citoyens est mitigée. Seule une légère majorité d’Africains considèrent que les médias sont globalement libres dans leur pays, et cette perception a légèrement diminué au cours des cinq dernières années.
Les résultats suggèrent en outre une certaine ambivalence : Le soutien à la liberté des médias est légèrement inférieur parmi les personnes qui perçoivent les médias de leur pays comme libres que parmi celles qui les considèrent comme non libres.
Résultats clés
- La plupart (72%) des Africains soutiennent que les médias jouent un rôle dans le contrôle de l’action gouvernementale.
- Le soutien au rôle de contrôle des médias est majoritaire dans tous les pays sondés, dépassant huit sur 10 à Maurice (86%), au Nigéria (83%), en Ouganda (82%), au Ghana (82%), au Congo-Brazzaville (81%) et au Tchad (81%).
- Et même dans les pays où le soutien aux médias pour enquêter et publier sur les erreurs et la corruption du gouvernement est relativement faible, comme le Mozambique (58%), l’Angola (56%) et São Tomé et Príncipe (54%), seules les minorités préfèrent que les médias évitent de rapporter sur les événements négatifs.
- Presque deux tiers (65%) des citoyens sont favorables à la liberté des médias, y compris une majorité dans tous les pays sondés à l’exception de la Tanzanie (49%) et du Mali (27%) (Figure 2).Le Bénin régresse en perdant 21 place dans le classement mondial 2026
- Le Bénin chute de la 92ème à la 113ème place : C’est le rapport du Reporter Sans Frontières (RSF) publié le jeudi 30 Avril 2026. Ce rapport sur l’état de la liberté de la presse dans le monde, est sans appel quant à l’état de régression du Bénin. Et c’est à juste titre, que l’on veuille ou non, c’est le résultat des nombreuses réformes entreprises pour assainir du secteur des médias au Bénin ces dernières années. En l’espace d’un an, le pays a fait une dégringolade et se retrouve au 113ème rang en 2026 alors qu’il occupait le 92ème rang qui n’était pas les meilleurs scores. Selon les conclusions du RSF, cette érosion de la liberté d’informer n’est pas fortuite. L’organisation pointe du doigt une répression accrue notée en 2025, marquée par de nombreuses interpellations et incarcérations de journalistes ; avec à la clé, une contradiction flagrante entre le Code de l’information et de la communication qui étaient censé protéger les professionnels des médias et le Code numérique qui pulvérise tout sur son passage. Certes, grâce au Code numérique – qui ne tergiverse pas un seul instant pour incarcérer – les professionnels des médias se voient obliger de marcher sur des œufs et de se voir dans le miroir avant toute sorte de publications. (A.A.)
- Dans plusieurs pays, le soutien à la liberté des médias dépasse les trois quarts de la population, notamment à Maurice (86%), aux Seychelles (85%), au Congo-Brazzaville (80%), au Lesotho (77%), au Tchad (76%) et au Botswana (76%).
- Les avis sur la liberté de la presse sont mitigés : 53% des répondants estiment que les médias dans leur pays sont globalement libres, mais 43% considèrent qu’ils sont soumis à la censure ou influencés par le gouvernement (Figure 3).
- La perception de la liberté des médias varie considérablement en Afrique, allant de 81% en Tanzanie et 77% au Libéria à seulement 28% aux Comores et 16% au Congo-Brazzaville.
- A travers 30 pays sondés en 2019/2021 et 2024/2025, la perception de la liberté des médias a diminué de 4 points de pourcentage (Figure 4).L’enquête Afrobarometer Afrobarometer est un réseau panafricain et non-partisan de recherche par sondage qui produit des données fiables sur les expériences et appréciations des Africains relatives à la démocratie, à la gouvernance et à la qualité de vie. Dix rounds d’enquêtes ont été réalisés dans un maximum de 45 pays depuis 1999. Les enquêtes du Round 10 (2024/2025) couvrent 38 pays. Les Partenaires Nationaux d’Afrobarometer réalisent des entretiens face-à-face dans la langue du répondant. Des échantillons nationaux de 1.200 à 2.400 donnent des résultats au niveau national avec des marges d’erreur de +/-2 à +/-3 points de pourcentage à un niveau de confiance de 95%
- Les plus fortes baisses de perception de liberté des médias sont enregistrées en Guinée (-34 points de pourcentage), au Lesotho (-22 points), au Nigéria (-22 points) et au Botswana (-20 points).
- Au cours de la même période, le Libéria a enregistré une progression spectaculaire de 58 points en matière de liberté perçue de la presse, passant du dernier au deuxième rang des pays les plus libres. Le Gabon (+24 points) et la Zambie (+22 points) ont également enregistré des gains importants.
- Les personnes qui considèrent que les médias dans leur pays sont libres sont quelque peu moins susceptibles que celles qui ne partagent pas cet avis de soutenir la liberté des médias (63% contre 69%) (Figure 5). (APO Group pour Afrobarometer).
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