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24ème réunion du Conseil des Gouverneurs de la BIDC: Le marché africain des produits agrochimiques devrait atteindre 15 milliards de dollars en 2031 (rapport)


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PH;DR/ Assemblée Générale de la BIDC

Alors que cinq multinationales détiennent ensemble environ 44 % des parts de marché, des marges de développement s’offrent à des acteurs locaux qui tentent d’innover et de se positionner sur les segments négligés par les géants internationaux.

Le marché africain des produits agrochimiques devrait passer de 12,21 milliards de dollars en 2025 à 15,08 milliards de dollars en 2031, enregistrant ainsi un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 4,32 % durant cette période, selon un rapport publié fin janvier dernier par le cabinet de recherche et de conseil Mordor Intelligence.

Intitulé « Africa agrochemicals market size & share analysis : Growth trends and forecast 2026-2031 », le rapport indique que la croissance prévue du marché sera tirée par plusieurs facteurs, dont l’augmentation de la pression exercée par les ravageurs et les maladies sous l’effet du changement climatique, une demande alimentaire en hausse due à l’expansion démographique et des programmes de subventions gouvernementales qui améliorent l’accès pour les petits exploitants agricoles.

La variabilité des conditions météorologiques a favorisé la propagation de ravageurs envahissants tels que la chenille légionnaire d’automne (Spodoptera frugiperda) dans plusieurs pays africains, ce qui a eu un impact significatif sur les rendements de maïs. Les infestations de striga (herbe des sorcières) dans les régions céréalières continuent de nuire aux récoltes, poussant les agriculteurs à mettre en œuvre des programmes de lutte chimique intégrée.

Le Kenya, le Ghana et l’Éthiopie ont mis en place des protocoles d’intervention d’urgence, tandis que des organisations régionales coordonnent les réseaux de surveillance des ravageurs. Les entreprises agricoles ont accéléré le développement d’insecticides de précision ciblant les larves de ravageurs, et des plateformes de surveillance numériques fournissent des alertes en temps réel aux agriculteurs.

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La demande croissante des produits alimentaires pousse également les gouvernements africains à investir dans la production nationale d’engrais, tandis que la réduction de la main-d’œuvre agricole sous l’effet de l’exode rural stimule l’usage des pesticides et des herbicides.

Les gouvernements et les institutions financières lancent d’autre part de plus en plus de programmes de subventions pour encourager l’adoption d’engrais et de pesticides, comme le Mécanisme africain de financement du développement des engrais (Africa Fertilizer Financing Mechanism), un fonds spécial administré par le groupe de la Banque africaine de développement (BAD). La Tanzanie a, quant à elle, mis en place un système de garantie de crédit qui a facilité le commerce des engrais et amélioré l’efficacité de la chaîne d’approvisionnement. La mise en œuvre de systèmes de bons d’achat électroniques et de portefeuilles mobiles a aussi permis de réduire les inefficacités de distribution et de raccourcir les délais de livraison.

Plusieurs pays du continent, dont le Ghana, le Kenya et la Tanzanie, ont par ailleurs mis en place des systèmes de récépissé d’entrepôt qui permettent aux agriculteurs d’utiliser leurs récoltes stockées comme garantie pour obtenir des prêts, ce qui les aide à gérer leur trésorerie entre la saison des récoltes et celle des semis et à libérer des fonds de roulement pour les intrants. Les banques acceptent comme garantie du maïs, du sorgho et du riz, fournissant ainsi aux agriculteurs les fonds nécessaires pour acheter des produits phytosanitaires. Ce système réduit les taux d’intérêt en milieu rural, augmente les ventes des détaillants de produits agrochimiques agricoles et minimise les pertes après récolte.

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Les engrais dominent le marché  

À cela s’ajoutent l’adoption de l’agriculture de précision, qui améliore l’efficacité des produits agrochimiques, et l’émergence de chaînes de distribution locales sous marque propre, améliorant la distribution du dernier kilomètre.

Le rapport révèle également que les engrais détenaient 50,55 % des parts du marché africain des produits agrochimiques en 2025, étant donné que ces produits permettent de remédier aux carences généralisées en nutriments des sols et de soutenir la productivité agricole dans diverses zones agroécologiques. Les formulations à base d’azote restent indispensables à la production céréalière, tandis que les engrais phosphatés et potassiques sont de plus en plus utilisés dans le cadre de programmes de nutrition équilibrée.

Ce sont cependant les régulateurs de croissance des plantes qui devraient afficher le TCAC le plus élevé (6,8 %) au cours de la période 2026-2031, grâce à l’adoption croissante de nutriments qui améliorent la tolérance au stress, le développement racinaire et le potentiel de rendement.

Les pesticides conservent un volume important à travers l’Afrique, les herbicides dominant ce segment de marché en raison de la pénurie de main-d’œuvre et de la prolifération de mauvaises herbes résistantes. La demande en insecticides augmente en réponse aux infestations de ravageurs liées au dérèglement du climat, tandis que l’utilisation des fongicides se développe dans les régions horticoles. Les adjuvants, bien qu’il s’agisse d’un segment plus restreint, gagnent en importance, car les équipements de pulvérisation de précision nécessitent des formulations avancées pour une meilleure couverture foliaire et un mélange en cuve simplifié.

L’analyse géographique montre que l’Afrique du Sud représentait 17,72 % du marché africain des produits agrochimiques en 2025, grâce à des réseaux logistiques de pointe, des services de vulgarisation scientifique et des systèmes de crédit. L’Ethiopie devrait toutefois monter en puissance durant les prochaines années. Ce pays, qui a lancé des initiatives gouvernementales visant à atteindre l’indépendance en matière d’engrais grâce à des partenariats stratégiques et à la production locale d’ammoniac, affiche le taux de croissance prévisionnel le plus élevé d’ici 2031 (6,49 %).

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Les cinq principaux acteurs du secteur, à savoir les géants Bayer AG, BASF, Corteva Agriscience, UPL Limited et Syngenta Group, détenaient ensemble 44,2 % des parts de marché en 2024. Cette concentration modérée laisse entrevoir des perspectives de croissance pour les start-up locales et les spécialistes régionaux désireux d’innover et de se développer à l’instar de l’agri-fintech kényane Apollo Agriculture, qui intègre la fintech et l’agronomie pour atteindre directement les petits exploitants, capturant ainsi les marges du dernier kilomètre souvent négligées par les multinationales.

Le rapport souligne par ailleurs que les principaux freins à une croissance plus soutenue du marché restent les prix inabordables des produits agrochimiques pour les petits exploitants, notamment dans les pays enclavés où les frais de transport représentent jusqu’à 50 % des prix de détail finaux, la prolifération des produits contrefaits qui sapent la confiance des agriculteurs et les longues procédures d’homologation de nouveaux produits liées à des législations obsolètes sur les pesticides et à des capacités institutionnelles limitées.


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