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Le Togo fait les yeux doux aux banques chinoises 


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PH:DR: Le Togo souhaite attirer des banques chinoises pour accompagner l’intensification des échanges commerciaux et des investissements entre les deux pays.

Le Togo souhaite attirer des banques chinoises pour accompagner l’intensification des échanges commerciaux et des investissements entre les deux pays. Cette ambition s’inscrit dans un contexte où des acteurs financiers chinois contribuent déjà au financement de l’économie ouest-africaine, mais où leur présence bancaire directe reste limitée dans la région.

Après les entreprises et les investisseurs, Lomé veut aussi séduire les institutions financières chinoises. Dans le communiqué conjoint publié à l’occasion de la visite officielle de Faure Gnassingbé, le président du Conseil, en Chine, du vendredi 9 au vendredi 16 octobre, le Togo se dit « disposé à accueillir l’implantation d’institutions financières chinoises », afin de renforcer la coopération dans les domaines de la finance, du commerce et de l’investissement.

Cette invitation intervient alors que les échanges économiques entre les deux pays prennent de l’ampleur. Selon l’ambassadrice de Chine au Togo, Wang Min, le commerce bilatéral a atteint 5,43 milliards de dollars en 2025, en hausse de 55 % sur un an. Mais ces flux restent largement déséquilibrés : la Chine figure parmi les principaux fournisseurs du Togo, tandis que les exportations togolaises vers le marché chinois demeurent modestes.

Pour Lomé, l’enjeu ne serait donc pas simplement d’accueillir de nouveaux établissements bancaires. L’arrivée d’institutions chinoises pourrait faciliter le financement des importations, mais aussi accompagner les investissements industriels et les projets de transformation locale que les deux gouvernements souhaitent encourager. Les entreprises pourraient notamment bénéficier de lignes de crédit, de garanties bancaires et de solutions de financement du commerce adaptées à leurs transactions avec la Chine.

Un rapprochement financier déjà engagé

La coopération financière entre la Chine et l’Afrique est déjà engagée. Le 10 octobre, Ecobank, dont le siège est à Lomé, a signé à Pékin un protocole d’accord avec CIPS, le système chinois de paiements interbancaires transfrontaliers. Ce rapprochement vise à faciliter les règlements en yuans entre les entreprises africaines et leurs partenaires chinois, et pourrait réduire le recours aux circuits de paiement utilisant le dollar.

Autre illustration, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), également basée à Lomé, bénéficie déjà de financements chinois. En septembre 2026, son conseil d’administration a approuvé une quatrième ligne de crédit de la Banque de développement de Chine, de 131,2 milliards FCFA, destinée au financement des PME de l’UEMOA par l’intermédiaire d’établissements partenaires.

Autrement dit, des institutions chinoises participent déjà au financement de l’économie régionale, sans disposer nécessairement d’une implantation bancaire directe au Togo.

Lomé ne serait toutefois pas la première place africaine à accueillir des établissements chinois. Bank of China est notamment implantée en Afrique du Sud, en Zambie, à Maurice, en Angola et à Djibouti, tandis que China Construction Bank et Bank of Communications disposent de succursales à Johannesburg. En Afrique de l’Ouest francophone, leur présence directe reste en revanche limitée. Les capitaux bancaires chinois y sont néanmoins présents indirectement, notamment à travers Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), qui détient 19,7 % du groupe sud-africain Standard Bank, présent en Côte d’Ivoire à travers Stanbic Bank.

Lomé, une place financière régionale à consolider

Pour le Togo, l’intérêt pourrait aussi dépasser son marché national. Le pays, qui comptait quatorze banques et trois établissements financiers à caractère bancaire fin 2025, accueille déjà les sièges de plusieurs groupes bancaires panafricains, dont Ecobank et Oragroup. Avec quatre holdings affichant un bilan consolidé cumulé de 24 126,7 milliards de FCFA, soit 40 % des actifs des compagnies financières de l’UMOA, Lomé occupe la première place régionale selon ce critère, devant Abidjan.

Cette initiative coïncide aussi avec les nouvelles ambitions économiques de Lomé, qui prépare sa feuille de route gouvernementale 2026-2031, appelée à traduire les orientations de la Vision Togo 2040. L’arrivée d’acteurs financiers chinois pourrait contribuer à mobiliser des capitaux pour les investissements productifs et à renforcer le positionnement de Lomé comme centre de décision financière régional.

Reste à transformer l’invitation en projet concret. Le communiqué ne cite aucun établissement intéressé et ne précise aucun calendrier d’implantation. Une question demeure toutefois : ces futurs financements serviraient-ils principalement à soutenir les importations chinoises ou contribueraient-ils aussi à développer la production et les exportations togolaises ? (Agence Ecofin) –


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