- Mettre en lumière les opportunités commerciales et d’investissement au Bénin, en Côte-d’Ivoire, au Togo et à Maurice.
- « Notre ambition devrait être : « Expertise mauricienne + opportunités ouest-africaines + investissements conjoints = entreprises capables de servir les marchés africains et internationaux »

PH:DR: l’Ambassadeur Aminou AKADIRI du FEWACCI
La Fédération des Chambres de Commerce et d’Industrie d’Afrique de l’Ouest (FEWACCI) en partenariat avec l’Economic Dévelopment Board (EDB) de Maurice, a organisé le jeudi 20 Août 2O26, un webinaire réunissant les acteurs clés du Commerce extérieur de l’espace CEDEAO. Cette rencontre a pour objectif de mettre en avant les opportunités commerciales et d’investissement existant en Maurice et l’espace Ouest-africain.
Aline ASSANKPON
En effet, le webinaire s’est fixé des objectifs qui mettront en avant les opportunités commerciales et d’investissement dans les pays ci-après : Bénin, Côte-d’Ivoire, Togo et Maurice.
Il s’agit entre autres de : Permettre aux Entreprises, aux Chambres de Commerce, aux Agences de promotion des investissements et aux acteurs du secteur privé ; Explorer des opportunités concrètes en matière de commerce et d’investissement; Identifier des domaines potentiels de collaboration et de partenariat commerciaux; Découvrir des opportunités pour renforcer les liens commerciaux entre l’île Maurice et l’Afrique de l’Ouest; Échanger des informations sur les opportunités de marché et les projets d’investissement ; Renforcer la coopération transfrontalière entre les acteurs du secteur privé.
De l’avis de l’Ambassadeur de FEWACCI, M. Aminou AKADIRI, à la suite du lancement réussi de cette initiative, la présente session offre l’occasion aux participants de passer de cette ambition commune à une discussion plus pratique sur les opportunités d’affaires, de commerce et d’investissement entre l’île Maurice et l’Afrique de l’Ouest avec un accent particulier sur le Bénin, le Togo et la Côte-d’Ivoire.
Ce dialogue est particulièrement important car l’île Maurice et l’Afrique de l’Ouest disposent d’atouts économiques significatifs et complémentaires. « Maurice a développé une expertise reconnue dans les services financiers et professionnels, la structuration des investissements, les technologies de l’information et de la communication, le tourisme et l’hôtellerie, l’industrie manufacturière et les affaires internationales. L’Afrique de l’Ouest, quant à elle, offre des marchés en pleine croissance, d’importantes ressources agricoles et naturelles, des capacités industrielles en expansion, un écosystème entrepreneurial dynamique ainsi que de nombreuses opportunités d’investissement dans différents secteurs. »
Au regard de cette présentation, la question fondamentale qui apparaît est la suivante : Comment réussir à combiner les atouts respectifs de chaque pays afin de créer des entreprises durables, des investissements conjoints et des chaînes de valeur profitables aussi bien à Maurice qu’à l’Afrique de l’Ouest ?
Trois structures sont intervenues à ce webinaire : la FEWACCI qui a présenté les objectifs, les tenants et les aboutissants ; l’IPAWAS a présenté la perspective des Agences de Promotion des Investissements, notamment l’Environnement des affaires, les cadres de l’investissement ainsi que les opportunités offertes aux investisseurs au Bénin par le Directeur général de l’APIEx Bénin, M. Eric Akouetey ; l’Economic Development Board de Maurice a pour sa part présenté la perspective mauricienne en mettra en exergue les compétences, les intérêts et les opportunités que Maurice peut apporter à ce partenariat.
Les préoccupations du FEWACCI s’articulent autour des questions suivantes : Pourquoi devriez-vous investir ? ; Quelles activités économiques pouvons-nous développer ensemble ? Avec qui pouvez-vous établir des partenariats ? Où se situent les chaînes de valeur ? Que pouvons-nous fabriquer, transformer et exporter ensemble ? Et surtout : Comment un investissement réalisé dans un pays d’Afrique de l’Ouest peut-il devenir une plateforme permettant d’accéder au marché régional dans son ensemble ? Autant de questionnaires que les participants vont progressivement apporter de réponses.

PH:DR; M. Eric AKOUTEY, DG de l’APIEx
Bénin : Transformer et produire
« L’une des transformations économiques les plus importantes actuellement en cours au Bénin est le passage progressif de l’exportation de matières premières vers la transformation locale et l’industrialisation. Le Bénin dispose d’importantes chaînes de valeur agricoles, notamment dans le coton, l’anacarde, le soja, l’ananas, le karité ainsi que dans plusieurs autres produits agricoles. Mais l’opportunité que nous souhaitons mettre en avant auprès des entreprises internationales ne réside pas uniquement dans la production de ces matières premières » a souligné M. Akoutey.
« La véritable opportunité se trouve dans la création de valeur ajoutée de nos productions ; notamment à travers : le coton qui est transformé en textiles et vêtements ; l’anacarde qui être transformée, conditionnée et commercialisée sous des marques à forte valeur ajoutée ; le soja peut alimenter les industries agroalimentaires, la production d’huiles alimentaires et l’alimentation animale ; l’ananas est transformé en jus, concentrés et autres produits dérivés » a démontré le Directeur de l’APIEx.
Autour de ces chaînes de valeur existent également d’importantes opportunités dans l’emballage, la logistique, les équipements industriels, les technologies, les énergies renouvelables et les services financiers.
Le développement de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) en est une illustration réelle de la transformation industrielle et structurelle et dynamique.
« Le Bénin bénéficie également d’un avantage stratégique majeur : sa proximité avec le Nigeria, l’un des plus grands marchés de consommation d’Afrique. La proposition d’affaires peut donc être résumée ainsi : « Transformer et produire au Bénin, développer des partenariats avec les entreprises béninoises et positionner ces activités pour accéder aux marchés régionaux » a ajouté M. Akoutey.
Togo : Connecter et distribuer
Selon le représentant du Togo, le pays présente une autre opportunité, complémentaire à celle du Bénin. Son principal atout réside dans son rôle de plateforme logistique et de distribution régionale. « Le Port de Lomé, combiné à la Plateforme Industrielle d’Adétikopé et aux corridors régionaux de transport, crée des opportunités qui dépassent largement la seule dimension du marché intérieur togolais ».
« Il existe notamment des opportunités d’affaires dans la logistique, l’entreposage, la chaîne du froid, l’agro-industrie, le textile et l’habillement, l’industrie manufacturière, les énergies renouvelables ainsi que les services numériques »
Pour une entreprise mauricienne souhaitant desservir plusieurs marchés ouest-africains, le Togo peut ainsi constituer une plateforme opérationnelle particulièrement intéressante. « Produire au Togo, se connecter à travers Lomé et distribuer à travers l’Afrique de l’Ouest.» Cette approche est particulièrement pertinente pour les entreprises intervenant dans la logistique, l’agroalimentaire, les biens de consommation, les services industriels et la distribution régionale.
Côte d’Ivoire : Changer d’échelle et se développer
La Côte d’Ivoire apporte une troisième dimension complémentaire : la capacité de changer d’échelle. La taille de son économie, sa base agricole, ses capacités industrielles, son écosystème financier ; la position d’Abidjan comme important centre d’affaires régional offrent des opportunités pour des opérations de plus grande envergure.
Des possibilités importantes existent dans la transformation agro-industrielle, la transformation du cacao et de l’anacarde, l’énergie, les infrastructures, les mines, l’industrie manufacturière, les services numériques, la fintech, l’industrie pharmaceutique, le tourisme et l’hôtellerie, sont autant d’atouts pour la Côte-d’Ivoire.
Pour les entreprises souhaitant établir une présence significative en Afrique de l’Ouest francophone, la Côte d’Ivoire offre à la fois un marché intérieur important et une plateforme pour l’expansion régionale. La proposition est donc : « S’implanter en Côte d’Ivoire, changer d’échelle et se développer sur le marché régional. »
Les trois pays du corridor Abidjan- Togo et Bénin : Une proposition économique régionale
Un investisseur ne devrait pas nécessairement considérer le Bénin, le Togo et la Côte d’Ivoire comme trois destinations d’investissement concurrentes. « Nous devons de plus en plus raisonner en termes de chaînes de valeur régionales ».
Une entreprise peut s’approvisionner dans un pays, transformer dans un autre, utiliser les infrastructures logistiques d’un autre marché, mobiliser des financements auprès d’institutions régionales et, finalement, distribuer ses produits dans l’ensemble de la CEDEAO et du marché africain.
Dans cette perspective, il importe de retenir que le Bénin offre des opportunités de transformation et de production ; le Togo offre la connectivité et la distribution régionale et la Côte d’Ivoire offre la taille du marché, les capacités industrielles et la profondeur financière.
Ensemble, ces trois économies constituent un corridor particulièrement intéressant pour la production, la transformation, la logistique, le financement et l’expansion commerciale.
Et qu’apporterait

Ph: DR: EDB
Maurice à la Cedeao ?
« Maurice a développé des compétences qui peuvent parfaitement compléter les opportunités offertes par l’Afrique de l’Ouest. Nous voyons notamment des possibilités de coopération dans les services financiers et professionnels, la structuration des investissements, les TIC et solutions numériques, le tourisme et l’hôtellerie, l’industrie manufacturière, les technologies agro-industrielles, la logistique, les énergies renouvelables ainsi que le développement des compétences ; Mais nous devons aller au-delà du modèle traditionnel consistant simplement à importer et exporter. » a répondu le représentant de l’île Maurice avant de poursuivre : « Notre ambition devrait être : « Expertise mauricienne + opportunités ouest-africaines + investissements conjoints = entreprises capables de servir les marchés africains et internationaux.»
Cela peut prendre la forme de coentreprises, de partenariats technologiques, de prises de participation, d’accords de distribution, d’investissements dans la transformation locale et d’alliances stratégiques entre entreprises.
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