
PH:DR: Le Sénégal a placé 22 441 tonnes d’huile brute d’arachide sur le marché international en 2025…
L’arachide figure parmi les principaux produits agricoles cultivés et exportés par le Sénégal. Dans le pays, la politique du gouvernement visant à relancer le segment de la transformation et à créer plus de valeur ajoutée dans la filière semble porter ses fruits.
Le Sénégal a placé 22 441 tonnes d’huile brute d’arachide sur le marché international en 2025, d’après les données compilées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie dans son dernier rapport annuel sur le commerce extérieur publié le 30 juillet dernier.
Ce volume est presque trois fois plus élevé que celui expédié un an plus tôt (5997 tonnes). Il représente en outre le plus gros volume d’huile brute d’arachide expédié par la filière sénégalaise depuis 2019, lorsqu’il s’élevait à 62 846 tonnes. Parallèlement, les recettes générées ont également presque triplé, atteignant 20,52 milliards de francs CFA ( environ 36 millions de dollars).
Ces statistiques suggèrent un redressement des performances de la filière à l’exportation, qui évolue en dents de scie depuis plusieurs années. Si le rapport de l’ANSD n’explique pas en détail les raisons de cette relance en 2025, certains facteurs peuvent être mis en lien. Depuis quelques années, la transformation locale est revenue au centre des intérêts des pouvoirs publics.
Une politique d’industrialisation renouvelée à partir de 2024
Le Sénégal a récemment renforcé sa politique en faveur de la transformation locale de l’arachide en introduisant une suspension temporaire des exportations de la matière première sous forme brute.
En novembre 2024, le gouvernement a décidé de suspendre temporairement les exportations de graines d’arachide dans le cadre de la campagne de commercialisation 2024/2025, afin de sécuriser l’approvisionnement des huiliers et de favoriser la transformation locale. Cette mesure traduit la volonté des autorités de mieux orienter la production nationale vers les unités industrielles sénégalaises et de retenir davantage de valeur ajoutée dans le pays. Elle marque un tournant dans la gestion de la filière, jusque‑là fortement tournée vers l’exportation sous forme brute sur le marché international.
L’objectif n’est toutefois pas de fermer durablement le débouché à l’exportation, mais de donner la priorité aux besoins des transformateurs locaux avant d’autoriser, lorsque les disponibilités le permettent, la commercialisation des excédents sur les marchés internationaux.
En conséquence, les exportations d’arachide ont fortement baissé en 2025, alors que celles d’huile brute ont explosé. D’après l’ANSD, le Sénégal a expédié seulement 1393 tonnes d’arachide non grillée sur le marché international en 2025, contre 65 308 tonnes en 2024. Cette évolution inverse entre les exportations de matière première et celles d’huile brute pourrait ainsi traduire un début de réorientation de la filière vers la transformation locale.
Une dynamique qui pourrait se poursuivre dans les prochaines années
Dans le sillage de cette nouvelle orientation, la Société nationale de commercialisation des oléagineux (Sonacos), principal huilier du pays, a relancé en octobre 2024 les activités de certaines de ses unités de transformation d’arachide, notamment à Ziguinchor et à Louga, cette dernière ayant été à l’arrêt pendant près de deux ans.
L’entreprise entend également renforcer ses capacités industrielles. En octobre 2025, elle a annoncé la signature d’un protocole d’accord avec Focus Investment Group (FIG) pour l’installation d’une nouvelle unité industrielle au sein de la Zone économique spéciale (ZES) de Touba. Ce projet doit contribuer à accroître les capacités locales de transformation de l’arachide et à répondre à la volonté des autorités de mieux valoriser la production nationale.
Le mouvement concerne également le secteur privé. En janvier 2026, Mavamar Industries SA a inauguré à Rufisque une raffinerie d’huile végétale d’une capacité annoncée de 180 000 tonnes par an, destinée à la transformation de plusieurs matières premières oléagineuses, dont l’arachide et la noix de palme.
Ces différents investissements témoignent ainsi d’un regain d’intérêt pour le segment de la transformation oléagineuse au Sénégal. Leur montée en puissance pourrait permettre au pays d’absorber une part croissante de la production locale d’arachide, qui tourne autour de 1 million de tonnes par an. (Agence Ecofin)
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