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Le Sénégal suspend de nouveau les importations de riz pour écouler la production locale


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PH:DR: Un dispositif combinant régulation du marché et soutien financier

Au Sénégal, la production locale de riz peine à trouver des débouchés face à la concurrence des importations. Alors que les stocks s’accumulent dans les rizeries, le gouvernement mise désormais sur les commerçants pour accélérer leur mise en marché.

Au Sénégal, la délivrance des Déclarations d’importation de produits alimentaires (DIPA) concernant le riz est suspendue depuis le mercredi 8 juillet pour une période d’un mois. C’est ce qui ressort d’une réunion qui s’est tenue au ministère de l’Industrie et du Commerce avec les principaux acteurs de la filière rizicole.

Selon les informations relayées par les médias locaux, cette initiative vise à réduire temporairement la pression exercée par les importations sur le marché intérieur et à libérer des débouchés pour les producteurs et transformateurs locaux. Elle fait écho à une décision similaire qui avait été adoptée par Dakar en novembre 2025 pour les mêmes raisons.

La reconduction de cette mesure, neuf mois après, témoigne des difficultés persistantes de commercialisation de la filière sénégalaise. Selon les estimations de la Société d’aménagement et d’exploitation des terres du delta et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falémé (SAED), environ 37 000 tonnes de riz blanc sont actuellement disponibles dans les stocks des rizeries. Elle s’inscrit en outre dans le cadre d’une série de mesures destinées à faciliter l’écoulement de ce stock.

Un dispositif combinant régulation du marché et soutien financier

Au-delà de la suspension temporaire des importations, le gouvernement veut instaurer un nouveau mécanisme de régulation du marché. Les opérateurs économiques devront désormais justifier l’achat de quantités déterminées de riz local avant de pouvoir bénéficier de nouvelles autorisations d’importation.

Cette approche vise à intégrer davantage la production sénégalaise dans les circuits commerciaux habituels, en impliquant les acteurs qui contrôlent une grande partie de la distribution. Le gouvernement espère ainsi réduire l’écart de compétitivité entre le riz local et le riz importé, souvent privilégié par les consommateurs en raison de son prix et de sa disponibilité.

Dans ce cadre, le prix d’achat du riz local a été fixé à 280 FCFA par kilogramme. Les rizeries bénéficieront également d’un appui public de 50 FCFA par kilogramme afin de compenser une partie des coûts liés à la transformation et améliorer leur capacité à concurrencer le riz importé.

Une dépendance structurelle aux importations

Pour Dakar, l’enjeu dépasse donc la simple gestion des stocks disponibles. Il s’agit de créer un modèle commercial capable d’assurer une présence durable du riz sénégalais sur le marché intérieur, dans un pays où les importations continuent de représenter l’essentiel de l’offre.

Selon les projections du Département américain de l’Agriculture (USDA), la production sénégalaise de riz blanchi devrait atteindre 670 000 tonnes durant la campagne 2026/2027, pour une consommation estimée à près de 2,35 millions de tonnes. Face à cet écart, l’organisme américain prévoit une hausse de 7,69 % des importations, qui devraient atteindre 1,4 million de tonnes afin de couvrir une partie des besoins du marché.


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