
PH:DR/ La BAD étend son dispositif de garantie commerciale à la Ghana International Bank
L’accord consacre la substitution d’une banque ghanéenne régulée à Londres aux banques correspondantes occidentales qui se sont retirées des marchés frontières. L’absence de montant divulgué limite cependant la mesure de l’effet d’entraînement attendu.
La Banque africaine de développement (BAD) a signé un accord de confirmation avec la Ghana International Bank (GHIB), établissement ghanéen régulé à Londres, dans le cadre de son instrument de garantie de transaction.
L’opération, paraphée à Abidjan, élargit le réseau de partenaires destiné à réduire le déficit de financement du commerce africain, estimé entre 100 et 120 milliards de dollars par an par l’institution panafricaine.
L’instrument mobilisé, baptisé « Transaction Guarantee », a été lancé par la BAD en 2021. Mécanisme non financé, sans décaissement, il couvre jusqu’à 100 % du risque de non-paiement pesant sur la banque confirmante internationale au titre de lettres de crédit émises par des banques africaines locales. La couverture est délivrée sous 48 heures. Selon les chiffres publiés par la BAD, son Trade Finance Program, dont relève cette garantie, a soutenu plus de 13,8 milliards de dollars de flux commerciaux depuis 2013 à travers 129 institutions financières partenaires.
Le montant de la ligne consentie à GHIB n’a pas été communiqué. À titre de comparaison, la BAD a approuvé une garantie de 20 millions de dollars pour Access Bank Zambia, censée générer jusqu’à 240 millions de dollars de transactions sur cinq ans, et une autre de 10 millions de dollars pour Exim Bank Tanzania en septembre 2025, susceptible de soutenir 60 millions de dollars d’opérations.
Pour Solomon Quaynor, vice-président de la BAD chargé du secteur privé, le partenariat ciblera en priorité les marchés à faible revenu, notamment la Sierra Leone, la Gambie, la Guinée et le Liberia. Ces marchés ont subi de plein fouet le désengagement des grandes banques internationales (HSBC, Standard Chartered et Citi, notamment), qui ont progressivement fermé leurs lignes de confirmation au cours de la dernière décennie pour des raisons de rentabilité ajustée du risque. La capacité de GHIB à confirmer les transactions des banques locales dans ces pays « s’aligne sur le mandat d’intégration régionale » de la banque, a-t-il indiqué.
Ian Greenstreet, directeur général de GHIB, présente l’établissement comme « un pont entre les marchés africains et les capitaux internationaux ». Constituée à Londres, soumise à la régulation britannique et détenue par des actionnaires ghanéens, GHIB tire l’essentiel de son activité du financement du commerce.
L’opération s’inscrit dans la montée en puissance de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), dont l’effet sur les flux intra-africains reste contraint par la rareté des lignes de confirmation acceptées par les correspondants internationaux.
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