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Protection des enfants de la rue : les parlementaires de la CEDEAO formulent des recommandations fortes à Freetown


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PH:DR. Les Parlementaires de la CEdeao durant cinq jours ont examiné les affaires sociales, du genre, des droits de l’homme, du commerce, ainsi que de la paix et de la sécurité

Réunis du 8 au 12 avril 2026 à Freetown, en Sierra Leone, dans le cadre de la réunion du comité mixte du Parlement de la CEDEAO, les députés ouest-africains ont placé au cœur de leurs travaux le thème des « cadres juridiques et politiques régionaux pour la protection des enfants en situation de rue dans la région de la CEDEAO », une problématique désormais considérée comme une urgence régionale exigeant des réponses concertées et durables.

Durant cinq jours d’intenses échanges, les parlementaires, issus des commissions des affaires sociales, du genre, des droits de l’homme, du commerce, ainsi que de la paix et de la sécurité, ont examiné en profondeur les causes structurelles de la présence croissante d’enfants dans les rues ouest-africaines. Entre pauvreté persistante, conflits, déplacements de populations, désagrégation des structures familiales et effets du changement climatique, les débats ont mis en évidence une réalité multidimensionnelle qui fragilise des millions d’enfants dans la région.

Les travaux ont été nourris par des présentations d’experts, notamment celle de Chigaemezu Regina Amadi, de la Commission de la CEDEAO, qui a dressé un état des lieux des cadres juridiques existants, tout en soulignant les limites de leur mise en œuvre. Si des instruments régionaux comme la Politique de l’enfance 2019-2030 et le cadre stratégique de 2017 existent, leur application reste entravée par le manque de ressources, une coordination institutionnelle insuffisante et un déficit de données fiables.

Au fil des sessions, les parlementaires ont également tenu des audiences publiques et effectué des visites de terrain, qui ont permis de confronter les analyses aux réalités vécues. Ces activités ont mis en lumière les difficultés de réintégration des enfants, l’insuffisance du soutien psychosocial et la faiblesse des mécanismes de coordination entre les différents services en charge de la protection de l’enfance. Les témoignages recueillis ont renforcé le sentiment d’urgence et la nécessité d’une action régionale plus cohérente, notamment face aux défis transfrontaliers comme la traite des enfants et leur exploitation.

Les discussions ont aussi porté sur les nouvelles menaces, notamment l’exploitation en ligne et le cyberharcèlement, qui viennent complexifier davantage la protection des enfants en situation de vulnérabilité. Dans ce contexte, les parlementaires ont insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes régionaux existants, notamment le système d’information ECRIMS, afin d’améliorer la collecte et le partage des données.

Au terme des travaux, le comité mixte a formulé plusieurs recommandations majeures. Il a notamment préconisé la mise en place de systèmes transfrontaliers de protection et d’orientation pour garantir la continuité de la prise en charge des enfants en mobilité, l’élaboration de protocoles sécurisés de rapatriement et de réintégration afin de prévenir les risques de traite et de séparation abusive, ainsi que le renforcement des mécanismes régionaux de partage de données à travers l’extension du système ECRIMS. Les parlementaires ont également appelé les États membres à développer des stratégies nationales spécifiques, suffisamment financées, intégrant l’accès à l’éducation, aux soins de santé, à l’identité juridique et à une justice adaptée aux traumatismes des enfants.

Ces recommandations, issues exclusivement des travaux du comité mixte réuni à Freetown, constituent une première étape dans le processus parlementaire. Elles devront être soumises à l’ensemble des députés du Parlement de la CEDEAO pour examen, amendements éventuels et adoption en session plénière.

Au-delà des engagements affichés, les parlementaires ont rappelé que la protection des enfants en situation de rue ne relève plus seulement d’un impératif humanitaire, mais d’un enjeu stratégique pour la stabilité, la sécurité et le développement durable de l’Afrique de l’Ouest, appelant ainsi à une mobilisation accrue des États et des institutions régionales pour traduire ces orientations en actions concrètes.


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