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Le Journal des États généraux de l’Assurance pour Tous à Cotonou : les temps forts (avec la FANAF)


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  • Cotonou, laboratoire du Pacte africain pour l’assurance inclusive

PH:DR: Les Etats Généraux de la FANAF à Cotonou

Du 6 au 8 juillet 2026, Cotonou accueille les premiers États généraux de l’Assurance pour Tous, réunissant assureurs, réassureurs, régulateurs, gouvernements, institutions financières, fintechs et partenaires du développement venus de plus de vingt pays africains. L’ambition est d’aboutir à l’adoption du Pacte africain pour l’assurance inclusive, appelé à devenir l’acte fondateur d’une nouvelle stratégie continentale de protection contre les risques.

Au-delà de la seule couverture assurantielle, cette initiative s’inscrit dans la dynamique de la Nouvelle Architecture Financière Africaine pour le Développement (NAFAD) portée par la Banque africaine de développement (BAD). En élargissant l’accès à l’assurance, le continent entend également mieux mobiliser l’épargne domestique, renforcer la résilience économique des ménages et créer les conditions d’un financement plus durable de son développement.

Mamadou Koné : l’assurance inclusive, un impératif de souveraineté

Mamadou Koné, président de la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines (FANAF), a appelé à une transformation profonde du secteur, estimant que l’assurance inclusive est désormais un enjeu de souveraineté pour les États africains. Prenant l’exemple d’Aïssatou, une commerçante ayant perdu tous ses biens dans un incendie, il a dénoncé l’absence de protection pour les populations les plus exposées aux risques. Il a plaidé pour des produits simples, accessibles et adaptés aux réalités des agriculteurs, commerçants, artisans et travailleurs du secteur informel, tout en faisant de la distribution du « dernier kilomètre » la priorité des travaux de Cotonou.

Evelyne Fassinou : partir des besoins des femmes pour réinventer l’assurance

Evelyne Fassinou, membre du Bureau exécutif de la FANAF et ancienne dirigeante de compagnies d’assurance, a placé les femmes au centre de la réflexion sur l’assurance inclusive. Rappelant qu’elles influencent près de 80 % des dépenses des ménages, elle a invité les assureurs à concevoir leurs produits à partir de leurs besoins réels. Citant les exemples d’AXA Mansard au Nigeria et d’Activa au Cameroun, elle a plaidé pour des solutions combinant proximité, digitalisation, prévention, assistance et indemnisation. Selon elle, le marché féminin pourrait représenter 1 700 milliards de dollars d’ici 2030, dont près de la moitié dans les économies émergentes.

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Le marché béninois réaffirme son engagement

Hervé Tchiakpè, président en exercice de l’Association des Sociétés d’Assurances du Bénin (ASA Bénin), a réaffirmé la volonté du marché béninois de développer une assurance « simple, accessible et abordable » pour les populations non couvertes. Il a salué le soutien du gouvernement béninois et de la ministre déléguée chargée de la Microfinance dans le renforcement de l’écosystème assurantiel.

 Le gouvernement béninois mise sur le Pacte africain

Nicolas Yénoussi, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé des Finances et de la Microfinance du Bénin, s’est dit convaincu que le futur Pacte africain pour l’assurance inclusive permettra de démocratiser l’accès à l’assurance grâce à des mécanismes plus efficaces de gestion des risques. Il a exprimé le souhait que les décisions prises à Cotonou ouvrent « une nouvelle histoire de l’assurance » en Afrique.

Assurance inclusive : écouter avant d’assurer

Premier constat à Cotonou : «  l’assurance inclusive ne peut plus être conçue depuis les sièges des compagnies. Les organisateurs appellent à partir des besoins réels des populations avant de développer les produits. Le mot d’ordre des premiers ateliers est clair : « Écouter d’abord, concevoir ensuite. »

99 Africains sur 100 restent sans protection

Le chiffre a marqué l’ouverture des travaux : malgré le développement du secteur, près de 99 % des Africains ne bénéficient d’aucune couverture face aux risques de la vie. L’objectif affiché est l’adoption d’un Pacte panafricain de l’assurance inclusive pour accélérer la couverture du continent.

Les femmes au cœur de la stratégie

Agricultrices, commerçantes, entrepreneures ou salariées : cinq témoignages ont illustré la vulnérabilité économique des femmes face aux aléas. Pour les intervenants, elles représentent le principal potentiel de développement du marché. Les assureurs sont invités à concevoir leurs offres avec les femmes et non simplement pour les femmes.

La défiance reste le premier obstacle

Les micro-trottoirs réalisés au Bénin et au Ghana révèlent une critique récurrente : manque d’information, contrats jugés complexes, lenteur des indemnisations et faible visibilité des bénéfices de l’assurance. Plusieurs participants estiment que la confiance constitue désormais le principal défi du secteur.

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Le digital ne suffira pas

Le téléphone mobile est présenté comme un formidable levier de diffusion de l’assurance. Mais les experts rappellent qu’il doit être accompagné de relais de proximité capables d’expliquer les produits, d’accompagner les assurés et de faciliter les indemnisations.

Microassurance : un potentiel encore largement inexploité

Selon les données du Microinsurance Network, 344 millions de personnes sont aujourd’hui couvertes par des produits de microassurance dans 37 pays étudiés, soit environ une personne sur dix au sein de la population ciblée. Les produits vie et accident représentent près de 80 % des couvertures.

L’Afrique innove dans la distribution

Si les canaux traditionnels demeurent majoritaires, l’Afrique se distingue par le développement de nouveaux modes de distribution, notamment via les opérateurs de téléphonie mobile, les fintechs et les réseaux communautaires.

Le véritable client ne cherche pas une assurance

Pour Joël Bamogo (Yelen Assurance), les populations ne recherchent pas un contrat d’assurance mais la protection de leur activité, de leurs revenus et de leur famille. Les produits devront désormais être conçus autour de ces besoins plutôt qu’autour des garanties classiques.

L’assurance classique ne peut être simplement miniaturisée

Les intervenants ont souligné que l’échec relatif de la microassurance tient au fait que l’on a souvent cherché à réduire les produits traditionnels au lieu de construire des solutions adaptées aux réalités du secteur informel, caractérisé par des revenus irréguliers, une faible bancarisation et des parcours administratifs limités.

Cinq priorités pour accélérer l’inclusion

Les premiers ateliers font émerger plusieurs priorités :

  • simplifier les contrats ;
  • accélérer les indemnisations ;
  • rapprocher les assureurs des populations ;
  • adapter les modalités de paiement aux revenus irréguliers ;
  • développer des solutions complètes intégrant prévention, assistance et accompagnement.

Quelques citations…

99% des Africains ne bénéficient encore d’aucune couverture d’assurance face aux risques de la vie — le chiffre qui a marqué l’ouverture des travaux.

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Discours : Mamadou Koné : l’assurance inclusive, un impératif de souveraineté

Le président de la FANAF appelle à une transformation profonde du secteur, plaidant pour des produits simples et adaptés aux agriculteurs, commerçants et travailleurs informels, avec la distribution du « dernier kilomètre » comme priorité des travaux.

Le marché de l’Assurance : Le marché féminin, potentiel de 1 700 milliards $ d’ici 2030. Evelyne Fassinou (Bureau exécutif FANAF) rappelle que les femmes influencent près de 80 % des dépenses des ménages et appelle les assureurs à concevoir leurs offres à partir de leurs besoins réels, citant AXA Mansard (Nigeria) et Activa (Cameroun)

Institutionnel : Le Bénin, hôte engagé

Hervé Tchiakpè (ASA Bénin) réaffirme la volonté du marché local de développer une assurance accessible, tandis que le ministre délégué Nicolas Yénoussi espère que Cotonou ouvrira « une nouvelle histoire de l’assurance » en Afrique grâce au futur Pacte africain.

Ce qu’il faut retenir des ateliers

Écouter avant de concevoir — les produits doivent partir des besoins réels des populations, pas des sièges des compagnies.
• La confiance, premier obstacle — contrats jugés complexes, indemnisations lentes : la défiance freine l’adhésion.
• Le digital ne suffit pas — le mobile doit s’accompagner de relais de proximité humains.
• 344 millions de personnes couvertes par la microassurance dans 37 pays étudiés, soit environ 1 personne sur 10 (Microinsurance Network).
• Le vrai besoin n’est pas un contrat, mais la protection des revenus et de la famille (Joël Bamogo, Yelen Assurance).

A propos de la FANAF…

La Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines (FANAF) est l’organisation panafricaine de référence du secteur de l’assurance. Elle regroupe les sociétés d’assurance et de réassurance opérant sur le continent africain et œuvre à la promotion d’un marché assurantiel performant, inclusif et durable. La FANAF contribue au développement du secteur à travers : la représentation des intérêts de ses membres ; la promotion des bonnes pratiques ; le renforcement des capacités ; le dialogue avec les pouvoirs publics ; le soutien aux initiatives favorisant le développement de l’assurance en Afrique. (Source : financialafrik.com)


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