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La BIDC publie son rapport sur les perspectives de développement de l’Afrique de l’Ouest (WADO) 2026 : « Turbulences lointaines, Chocs familiers » 


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PH:DR: Dr George Agyekum Donkor-Président de la BIDC

La Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) publie l’édition 2026 du West African Development Outlook (WADO), son rapport annuel de référence consacré aux performances économiques de la région, à ses perspectives et aux principaux risques auxquels elle est confrontée. Ce mardi 07 juillet en format hybride (en présentiel et en ligne), le rapport constate que l’Afrique de l’Ouest a abordé l’année 2026 avec des positions budgétaire et extérieure renforcées, même si la persistance de la pauvreté parmi les travailleurs et les nouvelles pressions mondiales pourraient compromettre les progrès récemment accomplis. 

Aline ASSANKPON

« Turbulences lointaines, Chocs familiers », c’est l’intitulé du rapport qui analyse les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur les économies ouest-africaines, notamment à travers la hausse des prix de l’énergie et des engrais, les pressions inflationnistes, la dépréciation des monnaies et l’augmentation des coûts d’importation. Ces effets font écho aux chocs provoqués par la pandémie de COVID-19 et la guerre en Ukraine et pourraient fragiliser les avancées enregistrées en 2025.

Le rapport note que l’Afrique de l’Ouest a connu un redressement macroéconomique significatif en 2025 ; notamment : Le PIB régional a progressé de 4,8 %, contre 4,7 % en 2024 ; L’inflation moyenne a reculé de 25,3 % à 16,8 % ; Le déficit budgétaire s’est réduit, passant de 3,7 % à 2,6 % du PIB et La dette publique a diminué, passant de 55,3 % à 49,3 % du PIB.

Turbulences lointaines, chocs familiers

PH:DR: « Turbulences lointaines, chocs familiers

La guerre au Moyen-Orient a beau se dérouler loin de la sous-région, ses répercussions n’ont rien d’inconnu. C’est ce qui explique le titre de l’édition 2026 du West African Development Outlook (WADO): « Perturbations lointaines, chocs familiers ». Ce titre traduit l’idée que les chocs provoqués par cette guerre dans la sous-région ne diffèrent guère de ceux qu’a entraînés la guerre en Ukraine entre 2022 et 2024, ni de ceux qu’a imposés la COVID-19 entre 2020 et 2023. Les régions sont différentes et éloignées, mais les chocs, eux, sont semblables et familiers, au point de menacer les acquis de 2025. En 2025, la sous-région a opéré un redressement macroéconomique remarquable : la croissance est montée à 4,8 %, l’inflation a fortement reculé, la dette s’est allégée et les soldes budgétaire et extérieur se sont améliorés simultanément.

Les dix (10) Points clés

1- Une croissance modérée du PIB dans un contexte de détente des prix : le PIB a progressé de 4,8 % en 2025, contre 4,7 % en 2024. L’inflation moyenne a reculé de près de 9 points de pourcentage pour s’établir à 16,8 %, sous l’effet de la forte baisse des prix alimentaires et énergétiques et d’une plus grande stabilité des monnaies.

2- L’assainissement budgétaire favorise l’amélioration de la dette : le déficit budgétaire s’est réduit à -2,6 % du PIB, contre -3,7 %, grâce à une meilleure mobilisation des recettes, à la maîtrise des dépenses et à la baisse des charges d’intérêts. La dette publique a ainsi nettement diminué, à 49,3 % du PIB, signe d’une santé budgétaire renforcée et d’une crédibilité macroéconomique accrue.

3- Une position extérieure renforcée : le solde du compte courant est resté excédentaire, passant de 0,3 % du PIB en 2024 à 1,8 % en 2025.

4- La pauvreté persiste : malgré ces performances macroéconomiques remarquables, la pauvreté des travailleurs s’est aggravée dans tous les pays, signe que ces bons résultats n’ont pas été inclusifs.

5- Les chocs mondiaux redéfinissent les perspectives : le conflit au Moyen-Orient entraîne une hausse des prix de l’énergie et des engrais, ce qui fait peser des risques d’inflation et met en évidence la vulnérabilité persistante de la sous-région face aux chocs extérieurs.

6- Des perspectives de croissance résilientes, mais fragiles : la croissance devrait se maintenir entre 4,7 % et 4,9 % jusqu’en 2027, faisant preuve de résilience face aux chocs mondiaux, tout en restant exposée aux pressions inflationnistes.

7- Des fondamentaux macroéconomiques appelés à rester solides : l’inflation moyenne devrait poursuivre sa décrue, le solde budgétaire se détériorer en 2026 avant de s’améliorer en 2027, la dette continuer de baisser en pourcentage du PIB, et le compte courant demeurer excédentaire.

8- La guerre débloque, sans le vouloir, le commerce intrarégional : l’essor des échanges régionaux de carburant, d’engrais et de denrées alimentaires – porté par le Nigeria – ouvre une voie puissante pour réduire la dépendance aux importations et renforcer la résilience

9- Les cours des matières premières offrent un potentiel favorable : le niveau élevé des prix du pétrole, de l’or et des minerais pourrait générer des recettes exceptionnelles, élargir la marge de manœuvre budgétaire et de favoriser la stabilité monétaire dans l’ensemble des pays exportateurs.

10- Des risques majeurs menacent les progrès accomplis : parmi les principaux risques à la baisse figurent les dérapages budgétaires, l’insécurité alimentaire, les pressions sur les taux de change, les coupures d’électricité et une reprise de l’inflation, qui pourraient réduire à néant les progrès récents. (Source : BIDC)

En effet, cette session d’activités a été ouverte par l’allocution du Dr George Agyekum Donkor, Président de la BIDC et de son Conseil d’administration. Ensuite, les participants en présentiel ou en ligne ont suivi une présentation des principales conclusions du rapport par le Dr Joseph Kwadwo Asenso, Chef de la Division de la recherche et des études macroéconomiques de la BIDC.

Place aux questions-réponses avec le Dr Joseph Kwadwo Asenso et M. MacDonald Saye Goanue, Coordinateur au sein de la Vice-présidence chargée des opérations de la BIDC. Les échanges ont porté sur les perspectives économiques de la région à l’horizon 2027, les principaux risques pesant sur la reprise ainsi que les opportunités offertes par le commerce intrarégional et le renforcement des capacités régionales de production.

Commentant les conclusions du rapport, le Dr Joseph Kwadwo Asenso, Chef de la Division de la recherche et des études macroéconomiques de la BIDC, a déclaré : « Le redressement macroéconomique enregistré par l’Afrique de l’Ouest en 2025 est encourageant, mais la reprise demeure fragile et insuffisamment inclusive. La priorité consiste désormais à préserver ces acquis, tout en veillant à ce que l’amélioration des performances économiques se traduise par des emplois productifs, une hausse des revenus et de meilleures conditions de vie. » 

Le message central du rapport WADO

La guerre au Moyen-Orient peut sembler géographiquement éloignée de l’Afrique de l’Ouest, mais ses répercussions économiques sont désormais bien connues dans la région. Les pressions engendrées par le conflit, notamment la hausse des prix de l’énergie et des engrais, les risques inflationnistes, les tensions monétaires et l’augmentation des coûts d’importation, font écho aux chocs subis par les économies ouest-africaines pendant la guerre en Ukraine, entre 2022 et 2024, et la pandémie de COVID-19, entre 2020 et 2023. Les régions et les crises peuvent être différentes, mais leurs conséquences économiques sont similaires et risquent de remettre en cause une partie des progrès réalisés en 2025. En 2025, l’Afrique de l’Ouest a enregistré un redressement macroéconomique remarquable. La croissance économique régionale a atteint 4,8 %, l’inflation moyenne a fortement reculé, la dette publique a diminué et les soldes budgétaire et extérieur se sont simultanément améliorés. Le rapport de 2026 examine si cette reprise constitue le fondement de progrès durables ou si elle ne représente qu’un répit fragile face à de nouveaux chocs mondiaux.

Les perspectives économiques

En termes de perspectives économiques, la croissance devrait rester résiliente, à 4,7 % en 2026 et 4,9 % en 2027, tandis que l’inflation et la dette publique devraient poursuivre leur baisse. Toutefois, les dérapages budgétaires, l’insécurité alimentaire, les pressions sur les taux de change, les coupures d’électricité et un regain de l’inflation demeurent des risques majeurs. Dans ce contexte, le Dr George Agyekum Donkor, Président de la BIDC et de son Conseil d’administration,  souligne l’importance de dépasser les réponses à court terme et de renforcer les capacités régionales de production : « Au-delà des interventions budgétaires à court terme des gouvernements, il est impératif de réfléchir attentivement au  développement de capacités locales de raffinage du pétrole brut, de production d’engrais et de production alimentaire,  afin de garantir une souveraineté à moyen et long terme. Après tout, les chocs sont appelés à perdurer. » 

Le mot de clôture de M. MacDonald Saye Goanue a mis fin à cette session.

À propos de la BIDC 

Créée en 1975 et basée à Lomé, au Togo, la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) est l’institution de financement du développement des quinze États d’Afrique de l’Ouest. Sa connaissance approfondie de l’environnement local, son expérience avérée et son mandat élargi constituent des avantages concurrentiels majeurs, notamment pour accéder à des projets stratégiques dans la région ouest-africaine. La Banque s’engage à financer des projets et programmes de développement couvrant différents domaines, notamment les infrastructures et les services essentiels, le développement rural et l’environnement, l’industrie ainsi que les services sociaux, à travers ses guichets dédiés aux secteurs public et privé. La BIDC intervient au moyen de prêts à long, moyen et court terme, de prises de participation, de lignes de crédit, d’opérations de refinancement, d’ingénierie financière et de services connexes.


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