Flash Infos:

12ème FRADD à Addis-Abeba : “Cinq priorités paraissent indispensable pour inverser la tendance…”


187 Vues

PH:DR: M. Claver GATETE, Secrétaire Exécutif de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique

  • “Pour de nombreux pays africains, l’action climatique et le développement durable se renforcent mutuellement ; car le changement climatique est une réalité vécue en Afrique” dixit Claver GATETE….
  • “ Cinq priorités paraissent indispensable pour inverser la tendance ; nous devons dépasser les interventions ponctuelles et adopter une approche fondamentalement différente du développement”.

 

Placée sous le thème opportun : « Inverser la tendance : actions transformatrices et coordonnées pour le Programme 2030 et le Programme 2063 », la 12ème Session du Forum régional africain sur le développement durable (FRADD-12) a officiellement lancé ces travaux ce 28 Avril 2026. Ce Forum est la principale plateforme africaine pour la responsabilité et l’action collectives.

Aline ASSANKPON

A la cérémonie d’ouverture de la 12ème Session du Forum régional africain sur le développement durable (FRADD-12) édition 2026, le Secrétaire Exécutif de la Commission Économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), Claver GATETE, a fait un bref rappel de la session précédente qui s’était tenue à l’Ouganda en 2025.

Ce Forum offre une plateforme unique pour échanger des expériences sur la mise en œuvre des Objectifs de développement durable et de l’Agenda 2063, tout en renforçant l’engagement inclusif des parties prenantes – notamment du secteur privé – afin de promouvoir une action collective et d’accélérer les résultats.

“Sous l’impulsion de l’Ouganda, le Forum a non seulement été convoqué avec un objectif précis, mais ses résultats ont été mis en œuvre avec rigueur et constance, permettant à l’Afrique de faire entendre sa voix au niveau mondial lors du Forum politique de haut niveau de New York en 2025”.

L’Ouganda a en effet démontré comment les engagements internationaux et régionaux peuvent se traduire en actions nationales, notamment grâce à des mécanismes d’examen institutionnalisés et à une coordination efficace des Objectifs de développement durable (ODD) et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA) au sein des systèmes de planification nationaux”.

En exprimant sa profonde gratitude à l’endroit de Son Excellence Robinah Nabbanja, Première ministre de l’Ouganda, pour son leadership et son dévouement en tant que président du Bureau sortant. De l’organisation du précédent Forum à Kampala à la promotion de la mise en œuvre de la Déclaration de Kampala sur le continent, jusqu’à l’organisation de sa conférence nationale d’évaluation des performances – où, sous l’égide du Premier ministre, chaque ministère a rendu compte publiquement des progrès accomplis dans la réalisation des ODD et des objectifs de l’Agenda 2063 de l’UA –, l’Ouganda a établi une norme élevée en matière de responsabilité et de suivi. Le Secrétaire Exécutif de la CEA remercie l’Ouganda et salue ce sens de responsabilité qui s’est révélé très instructif et a constitué une expérience d’apprentissage enrichissante.

La présente session, la douzième du genre est organisée dans un contexte mondial marqué par une incertitude et des défis accrus. “L’Éthiopie, pays hôte, peut se prévaloir d’un bilan tangible en matière de développement durable et d’action climatique”.

L’Initiative pour un héritage vert est l’un des plus importants programmes nationaux de reforestation au monde. Grâce à cette initiative, l’Éthiopie a planté plus de 40 milliards de jeunes arbres. Plus de 95 % de la production d’électricité de l’Éthiopie est d’origine renouvelable. Et l’agriculture climato-intelligente couvre désormais près de 18 millions d’hectares de terres cultivées pluviales en Éthiopie.

“Pour l’Éthiopie – et pour de nombreux pays présents aujourd’hui –, l’action climatique et le développement durable ne sont pas des priorités concurrentes ; elles se renforcent mutuellement car le changement climatique est une réalité vécue en Afrique” a déclaré M. GATETE.

Selon M. GATETE, le changement climatique influence la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau, les systèmes de santé, le développement des infrastructures, la stabilité macroéconomique et la planification du développement à long terme. Ce qui justifie ces différentes questions inscrites pour être abordées à COP23 en 2027.

À l’approche de l’échéance des ODD 2030 et la progression dans la mise en œuvre du deuxième Plan décennal de mise en œuvre (STYIP) de l’Agenda 2063, (l’Afrique que nous voulons), GATETE exhorte donc les dirigeants africains à mobiliser leurs leaderships, leurs énergies et leurs dynamismes à l’instar de l’Éthiopie, (pays qui abritera la COP23), en initiant des partenariats significatifs afin d’accélérer des actions ambitieuses en matière de développement durable et du climat.

GATETE note également que la croissance mondiale est au ralentit, les inégalités se creusent au sein des pays et entre eux, les pressions budgétaires s’accentuent, les chocs climatiques s’intensifient et les conflits, notamment les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, continuent de peser sur la stabilité et la résilience mondiales.

“Pourtant, nous ne devons pas laisser ces défis freiner notre ambition. Au contraire, ils doivent nous inciter à réfléchir, à innover et à redoubler d’efforts pour trouver des solutions durables à nos problèmes de développement de longue date. C’est ce qu’exige la situation” dira-t-il. Car poursuit-il, pour les Africains, ce n’est pas seulement une opportunité, c’est situation, c’est une nécessité.

Pour l’Afrique, ce moment n’est pas seulement une opportunité, c’est une nécessité.

“Des contraintes structurelles persistantes continuent de se conjuguer à des transitions démographiques, urbaines et climatiques rapides, exigeant une action urgente. Ces pressions sont particulièrement manifestes dans les secteurs examinés cette année. Loin d’être des objectifs secondaires, les buts examinés cette année – eau et assainissement, villes durables, énergie, infrastructures résilientes et partenariats – constituent le socle productif de la transformation de l’Afrique. Là où ces systèmes sont défaillants, la croissance est compromise, les inégalités s’accentuent et le progrès ralentit” analyse le Secrétaire Exécutif de la Commission Économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA).

Il observera en revanche que dès lors que ces systèmes fonctionnent bien, ils stimulent la productivité, la compétitivité et l’inclusion dans l’ensemble de l’économie. “Malgré les progrès réalisés en matière d’accès à l’eau, le constat est sans appel : les systèmes d’eau qui manquent de sécurité, de fiabilité et de qualité continuent de freiner la santé, la productivité et la transformation économique sur le continent”.

“Ce même schéma se répète dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et des villes : les progrès en matière d’accès ne se traduisent pas encore par une résilience, des emplois ou une compétitivité à l’échelle requise, malgré l’accélération de l’urbanisation. Si les villes s’étendent, mais que l’emploi ne suit pas ; si l’accès à l’énergie s’améliore, mais que sa fiabilité ne suit pas ; si les infrastructures se développent, mais que les chaînes de valeur ne suivent pas : sommes-nous réellement sur la voie d’une transformation profonde ?” ajoute-t-il.

Cinq (05) priorités paraissent indispensables pour inverser la tendance

“Pour inverser la tendance, nous devons dépasser les interventions ponctuelles et adopter une approche fondamentalement différente du développement”.

Il est désormais indispensable d’opérer un changement décisif : passer d’une approche sectorielle à une pensée systémique ; de la planification à une mise en œuvre à grande échelle. Pour y arriver, cinq (05) priorités paraissent indispensables :

Premièrement, Repositionner les services essentiels – eau, énergie et infrastructures – comme des atouts économiques fondamentaux. “Ces services doivent être systématiquement intégrés aux stratégies industrielles, à l’aménagement urbain et aux chaînes de valeur régionales, au lieu d’être traités comme des secteurs sociaux isolés”.

Deuxièmement, Combler le déficit de financement des infrastructures en Afrique grâce à l’échelle, à l’innovation et aux partenariats. “La mobilisation des ressources nationales doit être complétée par des efforts ciblés pour attirer les investissements privés, tant nationaux qu’étrangers. Cela commence par la mise en place d’un climat des affaires favorable et d’un solide portefeuille de projets bancables susceptibles d’attirer les investissements privés”.

Troisièmement, Tirer parti de la transition urbaine africaine pour créer des emplois et accroître la productivité. “Cela implique d’aligner l’aménagement urbain sur l’industrialisation, d’investir dans les transports publics et le logement abordable, et de transformer les quartiers informels en moteurs – et non en obstacles – de croissance”.

Quatrièmement, Faire progresser de concert les transitions numérique et écologique : “L’énergie, les infrastructures numériques et l’industrie doivent être planifiées conjointement, en plaçant la résilience climatique au cœur des préoccupations. Il s’agit développer les compétences et investir davantage dans la recherche et le développement afin de positionner l’Afrique pour les industries de demain”.

L’Éthiopie, accueille la COP23 en 2027

PH:DR: Dr Abiy Ahmed, Premier ministre Ethiopien

Depuis l’annonce de cet événement, tous les Éthiopiens éprouvent désormais un sentiment de fierté et de gratitude envers leur Gouvernement qui a accepté sans réserve d’accueillir la COP23 en 2027 à un moment crucial pour l’action climatique et, plus largement, pour la coopération multilatérale au développement. En remerciant profondément le Premier ministre Ethiopien, Dr Abiy Ahmed d’avoir accepté d’assumer ce rôle au nom de l’Afrique, le Secrétaire Exécutif de la CEA a reconnu qu’il s’agit d’une immense responsabilité. “Cela implique de mobiliser un consensus mondial pour surmonter les complexités géopolitiques, notamment les défis fiscaux et autres, afin de parvenir à une action climatique transformatrice à grande échelle”. “Bien que cette responsabilité soit considérable, l’Éthiopie est particulièrement bien placée pour la relever” a-t-il ajouté. Pendant que l’Éthiopie se prépare à accueillir la COP32 en 2027, une occasion exceptionnelle s’offre à l’Afrique : celle de contribuer à combler le fossé entre ambition climatique et mise en œuvre du développement durable à un moment où les progrès mondiaux vers les Objectifs de développement durable sont au point mort.

Enfin, S’appuyer sur des données probantes, des institutions solides et une coopération et des partenariats régionaux pour la mise en œuvre. “Des bassins hydrographiques transfrontaliers aux réseaux électriques transfrontaliers et aux chaînes de valeur de la Zone de libre-échange continentale africaine, la coopération est indispensable”.

Le défi de l’Afrique aujourd’hui ne réside pas dans un manque de cadres. Les Objectifs de développement durable, l’Agenda 2063 et les plans nationaux de développement sont bien alignés. Le défi est la mise en œuvre à grande échelle. “Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est la cohérence, le financement et d’un engagement politique soutenu. Ce Forum n’est donc pas seulement un moment de réflexion, mais un moment de décision pour passer résolument du diagnostic à la mise en œuvre” a conclut GATETE.


Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*

Revenir en haut de la page