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CM14 / Déclaration de IBON International, Acteur de la Societe civile


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Declaration de IBON International

Depuis sa création, l’OMC a nui aux populations les plus pauvres du monde. Elle a contraint les pays en développement à ouvrir leurs marchés à des importations fortement subventionnées, sapant ainsi la production alimentaire et l’industrie locales. Les politiques de développement de la production et des industries nationales sont pénalisées, les enfermant dans l’extraction de matières premières et la dépendance aux produits de base. Elle a concentré la richesse et le pouvoir entre les mains des pays riches et de leurs entreprises.

Aujourd’hui, l’OMC s’effondre sous le poids de ses propres contradictions. Les pays développés contournent les règles de l’OMC, font pression pour conclure des accords bilatéraux et plurilatéraux afin d’imposer une libéralisation plus poussée aux pays en développement, et imposent des sanctions et des droits de douane unilatéraux en toute impunité, tandis que l’Organe d’appel, affaibli, laisse les pays du Sud incapables de se défendre.

Lors de la 14e Conférence ministérielle de l’OMC à Yaoundé, les puissances hégémoniques se présentent comme les sauveurs d’un système dont elles ont contribué à créer la crise. Les États-Unis et l’Union européenne, soutenus par la Directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, s’efforcent de remplacer la prise de décision par consensus par des clubs exclusifs.

Bien que leurs méthodes antidémocratiques et leurs tactiques d’intimidation aient depuis longtemps brisé l’illusion de la coopération internationale, le coup d’État orchestré par les États-Unis et l’UE permettra aux pays développés et à leurs entreprises de prendre le contrôle total de l’agenda de l’OMC. Il aggravera les inégalités de traitement entre les membres et affaiblira tout soutien spécifique aux pays les plus pauvres. Il marginalisera les pays en développement, accentuera les déséquilibres de pouvoir existants et donnera aux nations riches davantage de latitude pour exercer leur contrôle et leur domination. Les objectifs et les priorités de développement des pays en développement seront relégués au second plan au profit de « nouvelles questions » opportunistes promues par les membres les plus puissants.

De fait, les priorités axées sur le développement sont depuis longtemps écartées de l’agenda de l’OMC. Dans le secteur agricole, les pays en développement sont privés d’outils politiques tels que les subventions, les stocks publics et les mesures de sauvegarde nécessaires pour soutenir leurs agriculteurs et garantir la sécurité alimentaire. Les petits pêcheurs des pays les moins avancés et des pays en développement se voient refuser l’aide indispensable à leurs moyens de subsistance, tandis que les flottes industrielles des pays développés continuent d’épuiser les stocks de poissons en toute impunité. Ces défaillances nuiront davantage aux systèmes alimentaires et aggraveront l’insécurité alimentaire.

Parallèlement, les pays développés et leurs géants du numérique réclament un moratoire permanent sur les droits de douane applicables au commerce électronique et l’extension de son champ d’application. Ce moratoire a déjà engendré d’importantes pertes de recettes douanières pour les pays en développement, estimées par la CNUCED à 56 milliards de dollars américains entre 2007 et 2020. Pérenniser ce moratoire consoliderait ces pertes et limiterait leur capacité à réguler les importations numériques à mesure que l’économie numérique se développe.

La crise de l’OMC n’est pas seulement l’occasion pour une minorité d’élites de se réorganiser et de consolider son pouvoir, mais aussi une opportunité pour les mouvements populaires du monde entier. Le moment est venu d’exiger une véritable réforme du système et un système commercial au service de la majorité démocratique.

Nous appelons à la fin de l’OMC ! Unissons-nous et luttons pour un cadre commercial nouveau et juste, qui garantisse une véritable coopération et solidarité économiques, permette la diversification économique, défende les droits et le développement des peuples, assure la souveraineté alimentaire et promeuve la justice commerciale et climatique.

L’avenir d’un commerce mondial équitable repose sur l’action collective des peuples.


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