
PH:DR: un appel à la mobilisation, une promesse de changement. L’Afrique refuse d’être prisonnière de la dette. Elle exige justice, réparations et liberté économique.
La campagne » Arrêtez l’hémorragie », initiée par la société civile africaine, a été présentée mercredi à Nairobi, au Kenya comme un levier de lutte contre les flux financiers illicites, lors de la 6ème Conférence africaine sur la dette et le développement (AfCoDD).
« La campagne “Arrêtez l’hémorragie” vise à stopper les pertes de richesses africaines liées aux flux financiers illicites et à renforcer la maîtrise des ressources du continent », a déclaré Jean Marcellin Brou, un acteur de la société civile.
Il a souligné le lien entre les flux financiers illicites, la dette et la perte de souveraineté économique, estimant que la réponse africaine doit s’inscrire dans une démarche de reprise du contrôle des ressources du continent.
Pour M. Brou, la lutte contre les flux financiers illicites ne peut ainsi être dissociée de la capacité des pays africains à reprendre la maîtrise de leurs ressources et de leurs politiques économiques.
« La campagne “Arrêtez l’hémorragie” entend s’attaquer aux mécanismes qui continuent de faire sortir chaque année une part considérable des richesses africaines du continent », a-t-il conclu.
Les flux financiers illicites constituent l’un des facteurs qui fragilisent les capacités de financement du développement en Afrique. Ils favorisent la sortie de capitaux à travers notamment la fraude fiscale, la corruption, la sous-facturation des échanges commerciaux et certains mécanismes d’évasion fiscale.
Ces pertes interviennent alors que plusieurs pays africains font face à une forte pression de la dette, avec des charges de remboursement qui réduisent les marges budgétaires consacrées aux infrastructures, à la santé, à l’éducation et aux investissements productifs.
Jean Marcellin Brou a, par ailleurs, présenté son livre »Black Paper » qui explique en détail le mécanisme financier de questions des ressources qui échappent à l’Afrique, dont il est le co–auteur.
« Le Livre noir montre que la crise de la dette africaine est une crise construite par des choix historiques, et non une simple conséquence de la mauvaise gestion », a-t-il insisté.
L’orateur a rappelé que le »Livre noir » place la question des ressources qui échappent au continent au cœur de la réflexion sur la rupture avec le cycle de l’endettement.
« Ce Livre noir » nous rappelle que l’Afrique ne pourra rompre avec le cycle de la dette et des flux financiers illicites qu’en reprenant le contrôle de ses ressources et de ses choix économiques », a-t-il conclu. (Reportage : J.B.)
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