
Ph:DR: Le présidium à l’ouverture des travaux de la journée internationale des Migrants
Célébrée le 18 décembre de chaque année, la journée internationale des Migrants a été célébrée en différé au Bénin, le mardi 23 décembre 2025. Cette première édition est une action coordonnée par plusieurs organisations sous régionales et nationales, notamment : le Projet OUESTAF dont le Consortium WeWorld est le chef de file, Wildaf-Afrique de l’Ouest et Wildaf-Bénin. Cette journée thématique a été marquée par une séance de sensibilisation sur les droits des Migrants à travers un panel de discussion très riche en témoignages, suivie d’une exposition de documents sur la thématique.
Aline ASSANKPON
Selon une étude de l’OIT (Organisation Internationale du Travail), la région ouest-africaine connaît une forte mobilité intra régionale, avec 74 % des migrations de nature Sud-Sud, principalement des pays du Sahel vers les États côtiers. La mobilité de la main-d’œuvre représente près de 70 % de ces flux, incluant des mouvements saisonniers, temporaires et permanents. Il est à noter cependant que depuis 1979, le protocole de libre circulation de la CEDEAO facilite l’entrée, la résidence et l’activité économique des citoyens dans les États membres.

Ph:DR: Les multiacteurs de la journée des Migrants au Bénin
Au Bénin, environ 77 % des citoyens rencontrent des difficultés pour franchir les frontières, pour travailler ou commercer selon une étude de l’Afrobaromètre de 2021. « Ces difficultés résultent de la sécurisation accrue des frontières, des exigences administratives, des conflits régionaux, du changement climatique et du manque de services de base, particulièrement dans les zones frontalières. Ces contraintes favorisent la migration irrégulière, exposant surtout les femmes et enfants à la traite et à l’exploitation » a souligné la Coordonnatrice nationale de Wildaf-Bénin, Mme Françoise SOSSOU AGBAHOLOU dans son allocution.
« Au Bénin, la migration n’est pas seulement un déplacement géographique, c’est avant tout, un parcours humain, marqué par l’espoir d’un lendemain meilleur, mais aussi par l’incertitude » a déclaré le Responsable Suivi-Evaluation de WeWorld Bénin, M. Ezékiel GUELIFO avant de poursuivre : « Pour de nombreux jeunes et de femmes, migrer c’est à aller à la recherche d’un emploi décent, une sécurité économique et une reconnaissance sociale ou une dignité ».

PH:DR: Les panélistes (de gauche à droite): M. Anselme AMOUSSOU, M. Arnaud AVLESSI, Mme Miguelle HOUETO, M. Tandjiékpon MICHOAGAN et Mme KONATE
Unanimement, tous les acteurs conviennent que ce parcours est cependant jalonné de défis majeurs qui ont pour noms : Exposition à l’exploitation, violences, discrimination, rupture familiale, perte de droits, désinformation et très souvent des rêves brisés.
Pour le responsable territorial du 9ème Arrondissement, (le C.A.), la thématique est d’actualité et mérite qu’on s’y penche sérieusement pour mener des réflexions instructives afin d’améliorer ce qui est fait dans ce secteur jusque-là.
« En l’absence de statistique actualisée sur la migration vers l’étranger, il est dénombré de 2019 à 2025 par le Gouvernement béninois et l’OIM, 3245 migrants assistés pour le retour volontaire au pays. Mais, pour l’année 2024 uniquement, 28,8% soit 934 Migrants ont été accueillis de retour » a souligné M. Tindjiékpon MICHOAGAN, directeur adjoint du Ministère des Affaires sociales et de la Microfinance (MASM) à l’ouverture officielle des travaux de la journée.
“Ces différents acteurs assurent l’enregistrement, la prise en charge et la protection des migrants, réguliers ou irréguliers, et des survivants de violences et d’exploitation. Toutefois, des lacunes persistent en matière de couverture géographique, d’accès à la justice et de protection des groupes vulnérables » observe la Coordonnatrice nationale de Wildaf-Bénin.
Face au phénomène de migration, le Gouvernement béninois a opté pour une réponse coordonnée par le Ministère de l’Intérieur et le Ministère des Affaires Sociales, avec l’appui des ministères de la Santé, de la Justice et des Affaires Étrangères, ainsi que des ONG spécialisées.

Ph:DR: Une vue partielle des participants à la journée internationale des Migrants au Bénin
Cette journée thématique vient donc à point nommé pour nourrir les réflexions et définir des pistes d’interventions efficaces et pertinentes et ceci à travers un panel de discussions animée par Miguel HOUETO membre de la Plateforme. Elle est entourée des experts du nom de M. Anselme AMOUSSOU (Syndicaliste), M. Arnaud AVLESSI (Chercheur), M. MICHOAGAN (représentant du MASM) et Mme KONATE, une migrante Guinéenne, installée au Bénin depuis 20 ans grâce à sa filiation avec son époux Béninois ; très active et dynamique, elle vient d’obtenir la nationalité béninoise.
L’édition 2025 de cette journée focalise l’attention sur le thème « Parcours migratoire au Bénin : Défis, Accompagnement et Réussites » qui trouve son ancrage dans le monde, en Afrique et au Bénin.
Le panel a offert aux participants de riches interventions, des témoignages et des actions qui sont menées sur le terrain tant au niveau des acteurs de la société civile qu’au niveau du Gouvernement. C’est le lieu de suivre les parcours régionaux pour la prévention de la migration irrégulière, la lutte contre le trafic des migrants, la traite des êtres humains et la protection des femmes et jeunes en situation irrégulière au Bénin et en Afrique de l’Ouest y compris la sous-région Sahel. Des recommandations sont également formulées pour améliorer l’existant en matière de migration au Bénin.
Rappelons que la journée des droits des Migrants s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’appui à l’amélioration de la gouvernance et de la gestion des flux migratoires du Réseau Wildaf-Bénin.
L’objectif à termes est de sensibiliser les migrants sur leurs droits et mettre en valeur leur contribution au développement économique, social et culturel dans les pays concernés ; et de Renforcer le dialogue entre les acteurs nationaux, la société civile, les diasporas et les communautés locales autour des enjeux migratoires, afin de favoriser des synergies de prévention endogène et des mécanismes de protection adaptés au contexte local.
Le projet OUESTAF (une organisation italienne financée par l’Union Européenne) implanté dans trois (3) départements du Nord Bénin, appelle également à sensibiliser les communautés des zones d’implémentation du projet sur les risques liés à la migration irrégulière, en mettant un accent particulier sur le trafic illicite des migrants, la traite des êtres humains, ainsi que les violences sexuelles et les pires formes d’exploitation qui en découlent.
Par ailleurs, un marché de stand, d’exposition est ouvert pour la circonstance pour permettre aux participants de voir et d’apprécier des ouvrages et la documentation réalisés sur le travail des migrants au Bénin, les produits et différents articles de pharmacopées et artisanaux proposés par ceux-ci ; avec à la clé l’intermède musical du Slameur Salomé sur les droits des migrants.
Les organisateurs de cette journée se proposent également de recueillir cent (100) signatures collectées dans le cadre de l’initiative de pétition en soutien aux actions de plaidoyer au Bénin.
A titre de recommandation, il ressort que, lorsque le migrant est informé, accompagné et soutenu, son parcours change radicalement.
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